Comment parler de Dieu aux enfants, un guide pour parents et enfants

Dieu est un jeune ami, proche, plein de compréhension et d’amour

parler de Dieu aux enfants

Parler de Dieu aux enfants n’est pas toujours facile, et pour commencer, demande aux parents d’avoir un esprit clair et un cœur ouvert. L’essentiel semble être de rendre Dieu très simplement accessible  à l’enfant et proche de lui, comme le serait un ami de son âge plein de compréhension et d’affection, et de ne pas le figurer comme un vieil homme lointain et sévère. Sri Chinmoy conseille à l’enfant de se regarder dans un miroir et de faire son plus beau sourire. C’est dans son sourire qu’il verra Dieu. Il répond également à de nombreuses questions d’enfants dans un langage d’enfant, spontané et pur, et souvent amusant. Où Dieu habite-t-Il, pourquoi ne puis-je pas le voir, pourquoi sait-Il tout sur moi, pourquoi a-t-il fait les hommes ? et bien d’autres encore.

Considérer les enfants comme des fleurs de Dieu

« Si les parents voyaient leurs enfants comme des fleurs de Dieu, ils feraient tout pour que les enfants non seulement le ressentent, mais aussi le deviennent. »
Sri Chinmoy conseille les parents dans leur attitude et leur conscience de parents. « La meilleure attitude pour élever les enfants repose dans les conseils, le pardon, et la conscience de l’unité. » Il aborde la question de la liberté, qui, selon lui, ne devrait pas être donnée trop largement à l’enfant tant qu’il n’a pas suffisamment de sagesse intérieure.
Les parents devraient veiller à suivre eux-mêmes les conseils qu’ils donnent à leurs enfants afin de ne pas les décevoir. Les couples séparés ou divorcés doivent aussi éviter de dire du mal de l’autre parent. L’abondance de jouets et de cadeaux ne doit pas remplacer l’amour d’une mère.

Apprendre la sagesse en s’amusant

À travers de petits contes pleins de sagesse et des conversations d’enfants avec Dieu, l’enfant apprend naturellement où trouver Dieu et à comprendre ce qui est bien et ce qui l’est moins. Il pourra facilement s’identifier aux personnages de ces histoires charmantes souvent originaires de l’Inde.

« Le monde de demain dépend de l’enfant d’aujourd’hui. »

Sri Chinmoy

 

Extraits du livre « Comment parler de Dieu aux enfants » aux Editions la Flûte d’Or

L’art et la Spiritualité

 

 

Dans cet ouvrage, Sri Chinmoy nous donne le point de vue d’un artiste visionnaire sur l’Art et l’artiste, sur la création artistique, la manière de l’offrir et de la recevoir ; quel est l’Art Suprême, est-ce que l’Art fait progresser l’humanité, l’Art existe-t-il dans d’autres mondes que sur la terre, pourquoi certains ont-ils des dons artistiques et d’autres pas, qui sont les muses, les dieux et les déesses de l’Art, d’où vient l’inspiration des artistes et comment se nourrit-elle ? A travers ses réponses d’une limpidité et d’une simplicité extraordinaires, Sri Chinmoy nous fait vivre l’Art de l’intérieur et nous fait découvrir que nous sommes tous des artistes, conscients ou non, à la recherche de la Beauté et de la Félicité.

ISBN :   2-913076-11-4.   100p   Editions La Flûte d’Or

Extraits :

Questions sur l’art et la spiritualité, l’artiste et sa création

Sri Chinmoy explique que la spiritualité est la route qui mène à la destination tandis que l’art est le voyageur, le pèlerin, qui marche le long de la route. C’est pourquoi lorsqu’ils atteignent leur destination commune, ils sont tous deux satisfaits. L’art autant que la spiritualité ont comme but la Joie suprême, le Bonheur suprême. »  

Les couleurs et le sens des couleurs :

Les couleurs « extérieures » et les couleurs « intérieures ». La signification des couleurs, comme par exemple l’argent, symbole de pureté.

Les sept chakras, c’est-à-dire les centres psychiques de notre corps subtil, et leurs couleurs.

Le sens profond des couleurs : « La couleur est une expression de la conscience, ou, si l’on veut, elle est ce qui la recouvre, comme un vêtement ou une décoration. La conscience représente le monde intérieur et la couleur est une expression de sa beauté. Elle accroît et souligne la beauté et l’expression extérieure de la conscience. »

Le lien entre la musique et la couleur : chaque note a une couleur propre.

L’Astrologie et les mondes de l’invisible

L’astrologie et les mondes de l’invisible suscitent une grande curiosité. Pour cette raison, seul un être qui y a libre accès peut y répondre avec certitude, d’une part et sagesse d’autre part, en mettant éventuellement en garde contre les égarements possibles. Sri Chinmoy est l’un de ces êtres très rares qui peut lire tous les mystères de l’Univers et dont la sagesse qui va nécessairement avec sa capacité sait doser les réponses qu’il peut livrer à l’humanité en son évolution actuelle. Les réponses choisies dans ce livre abordent les domaines suivants :

 

Extraits :

Astrologie et prophétie
La vie sur les autres planètes
Pouvoirs spirituels et mysticisme
Pouvoirs occultes, magie noire et forces maléfiques
Le monde des esprits
les anges, les fées
Les mediums
La science, la guérison « spirituelle »

 

13cm x 19 cm   165 pages – Editions la Flûte d’Or

L’hindouisme, définitions et sens spirituel

Shiva-hindouisme

 

 

Extraits du livre : Yoga et Vie spirituelle

de Sri Chinmoy

 

  • la plus ancienne religion du monde
  • Hindouisme et Amour
  • Dieu personnel et impersonnel
  • la Religion éternelle
  • l’hindouisme aujourd’hui
  • la quintessence de l’hindouisme
  • le passé et le présent de l’hindouisme
  • l’hindouisme : son sens spirituel

L’hindouisme

« Connais-toi toi-même. » Voici ce que l’hindouisme défend. C’est la quintessence de l’hindouisme.

Dans un monde d’incertitudes agitées, dans un monde d’hypocrisie obscure et de déraison aveugle, la religion est une des rares choses capable de préserver sa dignité. C’est la religion qui fait venir la divinité de l’homme en avant. C’est la religion qui peut inspirer l’homme à lutter avec le présent impitoyable, à réaffirmer sa force intérieure et à combattre pour la Vérité et pour l’Heure de Dieu.

Vous savez tous que la religion hindoue est l’une des plus anciennes religions du monde. Contrairement à la plupart des religions du monde, la religion hindoue n’a pas de fondateur en particulier. À la base, elle est fondée par les paroles ferventes des rishis, des visionnaires. Un visionnaire est celui qui a la vision de la Vérité et qui communie avec la Vérité.

La définition de l’hindouisme

Si vous voulez définir l’hindouisme, vous pouvez le faire à l’aide d’un seul mot : Amour. Cet Amour embrasse tout et ne cesse de grandir. Un hindou fervent dira : « Je peux vivre sans air, mais pas sans Dieu. » Mais par ailleurs, un hindou qui dit qu’il ne croit pas du tout en Dieu est tout de même un hindou. Il se sent hindou, et personne ne le conteste. C’est le choix personnel qui prévaut. Un hindou peut adorer des centaines de dieux comme il peut n’en adorer qu’un seul. Pour lui, Dieu peut être personnel ou impersonnel. Mes jeunes amis, je vais essayer de vous expliquer ce qu’on entend par « personnel » et « impersonnel ». Prenez un avion dans un aéroport. Vous pouvez le voir, c’est quelque chose de concret, matériel et tangible. Lorsque l’avion quitte le sol et n’est plus visible dans le ciel, vous savez qu’il est tout de même quelque part dans le ciel. Il peut voler vers le Canada ou vers le Japon, mais vous savez qu’il existe quelque part, et qu’il fonctionne. De même, le Dieu « impersonnel », que nous ne voyons peut-être pas dans une forme tangible, nous Le percevons dans notre conscience éveillée, et nous ressentons qu’Il nous guide et nous transforme de manière invisible.

La réalisation de Dieu

Nous avons parlé des conceptions de Dieu dans l’hindouisme. Voyons maintenant ce qu’il est dit au sujet de la réalisation de Dieu. La réalisation de Dieu n’est autre qu’une science spirituelle qui met un terme à la souffrance, à l’ignorance et à la mort. Mais nous devons réaliser Dieu pour Son salut et non pour notre propre salut. Chercher Dieu pour notre propre salut, c’est nourrir en vain nos incessants désirs. Mais chercher Dieu pour Son salut, c’est vivre dans Sa Conscience universelle ; en d’autres termes, c’est être absolument et inséparablement uni à Lui.

L’immense question est de savoir si Dieu est toujours en nous, s’Il vient dans notre cœur pendant de longues périodes en tant qu’invité, ou bien s’Il ne fait que passer. Avec un profond sentiment de gratitude, j’évoquerai l’âme immortelle d’Emily Dickinson, dont l’inspiration spirituelle incite l’aspirant à savoir ce que Dieu l’Infini est précisément. Elle dit :

L’Infini, on le présume être un invité soudain,
Mais comment ce prodige peut-il venir,
Lui qui n’est jamais parti ?

On appelle l’hindouisme la Religion éternelle

Elle recherche l’union avec Dieu de toutes les manières possibles connues par l’humanité. Elle veut une union de l’homme avec Dieu pleinement comblante, ni plus, ni moins. Son essence est la tolérance. L’hindouisme refuse de considérer les religions du monde comme des entités séparées. Incluant en elle-même toutes les religions du monde à sa propre manière, on peut l’appeler sans être loin de la vérité, une Association de Croyances.
Pour un hindou authentique, l’amour pour les autres est une partie organique de son amour pour Dieu. C’est dans la joie et substantiellement que son âme proclamera et chantera avec l’esprit indomptable de Walt Whitman :

Je me célèbre, et me chante,
Et ce que j’assume, vous l’assumerez,
Car chacun de mes atomes
Vous appartient aussi bien.

krishna - hindouismeLa caractéristique la plus frappante de l’hindouisme est sa quête d’une expérience, ou plutôt d’une réalisation directe de Dieu.

Si vous étudiez les Vedas, les Upanishads, la Bhagavad Gita et d’autres Écritures indiennes, vous serez peut-être surpris de voir que bien qu’elles mettent chacune l’accent sur une vision particulière ou des idées particulières, elles incarnent toutes fondamentalement la même Connaissance divine parfaite, qui est Dieu.

Le trait saillant de la religion hindoue est exprimé de façon unique dans les enseignements de l’Isha Upanishad : « Vivez heureux dans la renonciation. » Vous savez parfaitement bien que le bon et le plaisant ne sont pas forcément les mêmes choses. Si vous voulez le plaisir, vous pouvez arriver au pied même du manguier, mais ses fruits vous seront refusés par le propriétaire de l’arbre. Mais si vous voulez le bien lui-même, qui est essentiellement la Vérité, la situation sera complètement différente. Si vous voulez la mangue, non pas pour satisfaire votre envie, mais pour étudier sérieusement le fruit, le propriétaire sera très satisfait de vous. Non seulement il vous offrira une mangue pour l’étudier, mais il vous en offrira à manger autant que vous voudrez.
Aucun d’entre nous ne veut être stupide ; nous devons alors aspirer au bon et nous écarter du plaisant une fois pour toutes. Notre But, la fontaine de la Vérité et de la Béatitude les plus élevées, n’est accessible qu’à l’amoureux de Vérité qui veut se réaliser dans le voyage constamment merveilleux de son âme pour s’élever et s’approfondir.
Un hindou dévoué aspire à un cœur parfaitement étranger à l’hypocrisie, un cœur aussi vaste que le monde. Peut-être pensez-vous qu’il est impossible d’avoir un tel cœur, que c’est un idéal inaccessible. Mais je ne suis pas de votre avis. De telles nobles âmes vivent à présent même sur cette terre. Votre formidable président, Abraham Lincoln, avait certainement un cœur de ce genre. Pour citer votre grand philosophe, Ralph Waldo Emerson : « Son cœur était aussi vaste que le monde, mais il n’y avait aucune place en lui pour retenir la mémoire d’une erreur. »
Mes frères et sœurs, je ne trouve aucune raison de ne pas voir en vous un cœur aussi vaste que le monde, vide d’hypocrisie et d’ignorance, et en même temps, un cœur inondé de la Vérité de l’Au-delà.

La foi et la dévotion

La foi est la force puissante de Dieu en l’homme.
La dévotion est la force puissante de l’homme en Dieu.
La dévotion emporte Dieu dans le cœur de l’homme.

L’hindouisme aujourd’hui

Je suis un rêveur. Je viens du pays des rêves. Je suis à présent sur un bateau de rêve. Le nom de mon bateau de rêve est Hindouisme. Il navigue jour après jour, traversant l’Océan de l’Éternité. Il ne connaît aucune fin de voyage. Son but est l’Immortalité. Le Batelier est le Rêveur Suprême. Mes frères et sœurs, si vous voulez vous embarquer avec moi sur ce bateau, venez. Je vous accueille tous les mains jointes, avec un amour sans bornes et des larmes de félicité. La traversée ne coûte pas un dollar, pas un centime, rien de la sorte. Le prix n’est que de la sympathie, la sympathie qui jaillit du fond du cœur.
Pour ajouter à la joie de notre enthousiasme, la voix d’un rêveur courageux, tout à fait inattendu, se fait entendre, et son écho se répète encore et encore dans les profondeurs de notre mémoire. Il y a un siècle et demi, ce rêveur vit le jour ici, à Long Island, dans l’état de New York. Son nom est Walt Whitman. Ce poète visionnaire nous accompagne dans notre voyage extraordinaire avec son message du « Je » universel.
Notre premier arrêt nous fait rencontrer le Dr Radhakrishnan, l’un des plus grands philosophes vivant actuellement. Il parle ainsi de l’hindouisme :
« L’attitude de l’hindou face à la religion est intéressante. Alors que des croyances intellectuelles déterminées démarquent une religion de l’autre, l’hindouisme ne se donne aucune limite de ce genre. L’intellect est subordonné à l’intuition, le dogme à l’expérience, l’expression extérieure à la réalisation intérieure. »

L’hindouisme est une religion simple

Gardant cela à l’esprit, examinons plus loin l’hindouisme. C’est sans nul doute une grande religion. Mais c’est également une religion simple qui ne veut pas créer de confusion en l’homme ni mettre à l’épreuve ses capacités intellectuelles. Il ne sollicite pas son attention ni sa faveur. Ce qui compte le plus dans l’hindouisme, c’est la recherche de la compréhension de son âme. L’hindouisme veut, non seulement préserver l’harmonie de chaque âme humaine, mais également la propager, si telle est la Volonté de Dieu. Ce qu’il veut, c’est posséder et être possédé par tout ce qu’il y a de mieux dans la sagesse culturelle, religieuse et spirituelle du monde.

L’hindouisme n’est pas une religion statique

Bien que connaissant des périodes d’inertie, l’hindouisme n’est pas une religion statique. Une religion statique ne conduirait qu’à la stérilité et finalement à la mort. Au cours de sa longue histoire, l’hindouisme est devenu l’emblème de la souplesse, de l’indépendance, de la pensée créatrice, et de l’innovation spontanée dans la pensée comme dans l’action. L’hindouisme sait absorber ; il sait également comment rejeter pour s’asseoir aux pieds de la Vérité. L’hindouisme est une imploration pour la Vérité qui ne cesse de s’élever. Il aspire à être l’essence d’une panacée spirituelle qui embrasse tout pour nourrir l’humanité.
Le passé de l’Inde est remarquablement riche et varié. On peut dire la même chose de son présent intrépide qui peut fournir un point de départ pour le futur doré et qui le fournira. L’hindouisme d’aujourd’hui s’efforce sincèrement de découvrir un mode de vie unique dans lequel tous les groupes d’appartenances radicalement différentes, qu’elles soient raciales, historiques, éthiques, conceptuelles et spirituelles, puissent vivre en parfaite harmonie et en même temps collaborer activement à la réalisation d’une tâche : le mariage de la Matière et de l’Esprit. L’Inde, dans son essence la plus pure, n’est ni un pays assoiffé de matière ni un pays fuyant le monde. Et la tolérance, avec laquelle l’hindouisme a toujours été associé, est solidement enracinée dans le sacrifice et dans la pleine reconnaissance des droits des autres hommes.

L’Inde agit sans peur ni sentiment de supériorité.

En fait, l’hindouisme a récemment commencé à se remettre en question, et ses progrès avancent rapidement. Il est vrai que l’hindouisme d’aujourd’hui est confronté à de nombreux problèmes. Il est également vrai que Mère Inde doit, seule, résoudre tous ses problèmes, et elle le fera. Bharat Mata, (Mère Inde), est animée d’une volonté invincible. Le progrès, tant matériel que spirituel, avance de manière fulgurante. Cependant, le fait d’une importance suprême est que l’hindouisme d’aujourd’hui se remodèle, non pas sur des systèmes occidentaux ou orientaux, voire nordiques ou méridionaux, mais sur le Modèle propre de l’Infini.

Ici, en Amérique, nous sommes dans un pays de liberté, d’une liberté qui nourrit les pensées dynamiques et les mouvements dynamiques. En Inde, nous sommes dans un pays de liberté, d’une liberté de spiritualité fertile et tolérante qui nourrit toutes les religions.
Ici, nous voulons atteindre Dieu en courant à toute vitesse, et là-bas, nous voulons atteindre Dieu en grimpant rapidement.

Écoutons un dévot hindou : il dit que son père est le Silence, et sa mère la Puissance. Le silence nourrit sa conscience, la puissance utilise sa conscience. Ses parents lui apprennent à respirer l’air de l’unité spirituelle, à ressentir cette unité dans tous les êtres humains, et en fait, dans la création tout entière. Ses parents lui ont appris le secret des secrets : le monde ne peut être vu et ressenti pleinement et intégralement qu’à travers la méditation. Ils lui ont fait comprendre que sa vie faisait partie intégrante de l’humanité. Il n’avait ni race, ni nation propre. Sa religion est la vision de Dieu. Il sait que pour réaliser Dieu, il n’a pas besoin de tuer son soi inférieur. Il lui suffit de le transformer en son Soi supérieur. Et voyez ! Le But l’appelle. C’est en fait une nouvelle approche de la Vérité et une nouvelle réalisation de la Vérité. Et enfin, il ne veut pas seulement voir Dieu, mais devenir Dieu Lui-même.
Ainsi vogue notre bateau, dansant en harmonie au rythme éternel et mystique de Dieu. Nous sommes des rêveurs, et nous sommes également des réalistes et des idéalistes. Notre bateau, avec tout l’amour de son cœur, se languit de toucher les rivages lointains de l’Au-delà doré. Notre bateau, avec toute la paix de son âme, aspire à communier avec le Souffle du Suprême.

La quintessence de l’hindouisme

Permettez-moi tout d’abord de vous raconter une petite histoire.
Un grand sage de l’Inde ancienne, du nom de Bhrigu, voulut tester les trois dieux principaux de la grande Trinité hindoue : Brahma, Vishnu et Shiva. Il voulait déterminer qui était le plus grand. Il s’approcha de Brahma, sans lui montrer le moindre respect. Brahma était très mécontent de lui. Avec le même manque de respect, Bhrigu alla voir Shiva, qui entra dans une colère violente. Lorsqu’il s’approcha de Vishnu, il le trouva profondément endormi. Alors il posa son pied sur la poitrine de Vishnu pour le réveiller. Le dieu sursauta d’avoir été réveillé de manière aussi cavalière, et aussitôt, il se mit à masser le pied de Bhrigu avec affection en lui demandant : « Tu t’es fait mal au pied ? Je suis désolé. » C’est ainsi que Bhrigu découvrit que Vishnu était le plus grand des trois dieux.
La tolérance témoignée par le dieu dans cette histoire n’était pas le fait d’une faiblesse, mais de la générosité du cœur. De plus, elle venait d’un sentiment d’unité. Lorsque, dans notre sommeil, notre coude heurte une partie de notre corps, nous ne nous fâchons pas avec le coude, mais nous le massons. De même, l’hindouisme s’applique à voir l’humanité comme un seul grand corps.

L’hindouisme est un fleuve qui coule avec vivacité et sans répit ; l’hindouisme est un arbre qui grandit consciemment et divinement. L’hindouisme est diversité. L’hindouisme est unique dans son aspect maternel, béni par des enfants qui chérissent des conceptions diverses de Dieu. L’un de ses enfants dit : « Mère, il n’y a pas de Dieu personnel. » Elle répond : « Je vois, mon enfant. » Un second enfant dit : « Mère, s’il y a un Dieu, Il ne peut être que personnel. » « Je vois, mon enfant. » Répond-elle à nouveau. Et le troisième enfant dit : « Mère, Dieu est à la fois personnel et impersonnel. » Elle lui répond : « C’est bien, mon enfant. » Et maintenant, elle leur dit : « Soyez heureux, mes enfants, soyez heureux. Gardez vos propres croyances et apprenez à travers elles. Grandissez à travers elles et soyez toujours fidèles à vos idéaux. » C’est vraiment là le cœur maternel de l’hindouisme.

L’hindouisme s’accroche à la loi intérieure de la vie qui est l’héritage commun de l’humanité. Tant qu’une personne est un chercheur de Vérité, qu’il soit croyant, athée ou agnostique n’a pas d’importance. Chaque âme humaine a sa place dans l’idéal hindou de la spiritualité. Ces mots de Gandhi sont importants : « L’hindouisme est une poursuite incessante de la Vérité. C’est la religion de la Vérité. La Vérité est Dieu. Nous avons connu le déni de Dieu. Nous n’avons pas connu le déni de la Vérité. »

Le passé de l’hindouisme

Il est absurde de penser que l’Inde du passé n’a joué qu’un rôle de renonciation au monde. Nos anciens ont accepté la vie de toute leur foi. Ils croyaient clairement en la vie comme une grande force.
Nos parents védiques ont exprimé leur volonté de vivre une longue vie rayonnante lorsqu’ils chantaient :

Tach chaks ur debahitam…

Puissions-nous voir cet Œil brillant, ordonné par Dieu,
Se lever devant nous pendant cent automnes.
Puissions-nous vivre cent automnes.
Puissions-nous entendre pendant cent automnes.
Puissions-nous bien parler pendant cent automnes.
Puissions-nous tenir nos têtes droites pendant cent automnes.
Oui,  au-delà même de cent automnes.

En toute honnêteté, ils (nos ancêtres védiques) ont essayé d’appréhender et de comprendre le mystère de la vie. Ils ont accepté la terre avec ses joies et ses chagrins, ses espoirs et ses frustrations. De plus, ils voulaient vivre comme les maîtres et seigneurs de la vie. C’est pourquoi ils étaient implacables et irréductibles dans leur opposition au mal. Ils voulaient que leurs âmes soient complètement possédées par le Suprême, et en même temps, ils aspiraient à Le servir dans le monde.
Nos prédécesseurs védiques ont découvert l’existence de deux vies : la vie ordinaire et la vie supérieure. Ils ont donné leur importance aux activités physiques, vitales et mentales, mais dans la perspective d’entrer dans une vie spirituelle plus élevée, une vie de connaissance, de lumière et de vérité plus élevées. Une fois cette vie supérieure établie, ils savaient que l’âme recevrait un soutien total des membres de sa famille, le corps, le vital, le mental et le cœur pour la manifester et l’exprimer entièrement. Ainsi l’idéal d’une connaissance particulière conduisant à la libération de l’âme humaine aspirante est-il devenu incontournable. Nos ancêtres étaient des réalistes qui ont ressenti que la joie spontanée de la vie nourrirait le corps et renforcerait l’âme. Ils savaient que le secret de l’évolution était la liberté. Ils ont proclamé :

Uru nastanve tan….

Donne la liberté à nos corps,
Donne la liberté à notre demeure,
Donne la liberté à notre vie.

Telle était la liberté qui aidait à défaire le nœud de l’ignorance. Ils étaient positifs dans leur acceptation de la vie ; positifs également dans leur aspiration à l’Immortalité.

Le présent de l’hindouisme

Il est facile d’insister sur le fait que l’Inde du passé était sublime, alors que l’Inde d’aujourd’hui est tout sauf cela. Mais ceux qui pensent que l’hindouisme est la seule partie de la vie indienne qui mérite d’être étudiée se trompent. Le présent de l’Inde a également beaucoup à offrir au monde entier. La lumière de son âme, indifférente à toute reconnaissance extérieure, joue un rôle important dans l’éveil du cœur du monde et est ultimement destinée à inspirer l’humanité par le message de la vérité, du pardon et de la bonté universelle.

L’hindouisme est une aspiration dynamique divinement surchargée. Tout au long de son voyage éternel, le don de soi a toujours été le souffle même de sa vie.

L’hindouisme est complexe mais il a toujours gardé et gardera toujours une note distincte : celle de la spiritualité. Un véritable hindou nourrira toujours la flamme de ses idéaux, quels que soient les changements éphémères dévastateurs, quelle que soit la puissance des forces destructrices. Le Dr Radhakrishnan, le roi des philosophes, a largement éclairé ce sujet :
« Lorsqu’une ancienne culture contraignante est brisée, lorsque des normes éthiques se dissolvent, lorsque nous sommes tirés hors de notre indifférence ou réveillés de notre inconscience, lorsqu’il y a dans l’air un ferment général de crise culturelle qui bouleverse intérieurement, une forte marée d’agitation spirituelle balaye les gens et l’on peut voir se profiler à l’horizon quelque chose de nouveau, sans précédent, le commencement d’une renaissance spirituelle. »

Le monde d’aujourd’hui aspire consciemment à l’unité. L’hindouisme enseigne que l’unité de l’Inde est son unité pour la vision spirituelle, sa pleine réalisation. L’humanité est petit à petit convaincue de la vérité que les vies matérielle, intellectuelle et spirituelle peuvent vraiment courir à perdre haleine pour accomplir la victoire finale de Dieu sur terre.

L’hindouisme : son sens spirituel

L’idéal de l’hindouisme consiste à tout voir dans le Soi et à voir le Soi dans tout. Un hindou croit que chaque individu est une manifestation consciente de Dieu. L’esprit du service désintéressé est son secret suprême. Un hindou ressent toujours que c’est Dieu qui Se manifeste et Se parfait à travers chaque être humain. Chaque âme individuelle représente une forme de divinité projetée par le Suprême. Chaque être humain a une mission à remplir sur terre, et il le fait à l’heure choisie de Dieu.

Le souffle de l’hindouisme est la spiritualité. Tout ce qu’un hindou fait, il le fait comme un moyen d’atteindre cette finalité. Il est vrai qu’il veut accomplir tout ce qu’il peut ici sur terre, comme n’importe qui d’autre, d’ailleurs. Mais ce qui est important, c’est qu’il ne fait rien et ne peut rien faire aux dépens de sa vie spirituelle. Pour lui, la vie spirituelle est la seule vie qui peut un jour le couronner de la victoire de la Perfection parfaite.

On entend très souvent le mot « péché » dans la vie spirituelle. Là, je dois dire qu’un hindou n’a rien à voir avec le péché. Il ne tient compte que de deux choses : l’Ignorance et la Lumière. Avec la lumière de son âme, il veut nager à travers l’océan de l’ignorance et transformer son soi inférieur en son Soi supérieur.

Tena tyaktena bhunjita. « Vivez pleinement en renonçant. » Tel est le message plein de vie des visionnaires hindous. Ce qui doit faire l’objet de notre renonciation, c’est le cortège de nos désirs, ni plus, ni moins. En renonçant à tous nos désirs terrestres, nous pouvons goûter à la véritable réalisation divine.
Je vous ai déjà dit que le souffle de l’hindouisme était la spiritualité. Dans la vie spirituelle, le contrôle des sens joue un rôle important. Cela dit, essayons de comprendre clairement la fonction des sens. Un dévot hindou pense que ses sens ne sont pas faits pour être mortifiés. Les sens sont ses instruments, et leur assistance est indispensable. Les sens doivent fonctionner dans toute leur vigueur, pour être au service divin d’une intégrité totale qui comble toute chose. Ce n’est qu’à cette condition que la véritable divinité peut poindre dans la vie humaine. L’auto-indulgence conduit à la plus grande frustration. Pauvre humanité ! Elle utilise si fastueusement les plaisirs du corps, et les épuise. L’homme n’est certainement pas aussi généreux dans sa vie avec quoi que ce soit d’autre que son auto-indulgence. Hélas, à sa grande surprise, avant même d’épuiser les plaisirs de son corps, sa vie même s’épuise dans un néant futile. Il est grand temps pour le grossier en l’homme de faire place au divin en lui. La brutalité ne conquiert pas, elle tue.

La spiritualité est l’amour qui embrasse tout. Cet amour conquiert l’homme et le rend conscient de sa véritable divinité intérieure, afin qu’il puisse se réaliser et devenir un canal parfait pour la manifestation de Dieu. Cet amour, ou ce lien d’amour, l’homme peut le créer en lui pour se lier ou s’unir à d’autres individus, à d’autres personnes de son pays et du monde entier. C’est cela qu’un hindou ressent.

Sans mouvement, pas de progrès. Le mouvement a besoin d’être guidé. Cette guidance est la connaissance. Mais l’homme doit savoir que la connaissance mentale ne peut l’aider que dans une certaine mesure. Avec son aide, il ne peut s’approcher du But. C’est la connaissance de l’âme qui accorde à l’homme la réalisation de Dieu.

Robert Browning dit :
« Tout libres que nous nous sentons,
Nous n’en sommes pas moins rapidement enchaînés. »

L’homme est attaché au fini, mais il ne peut être attaché par le fini. L’homme s’est soumis au temps et à l’espace. Mais ni le temps, ni l’espace ne l’ont obligé à se soumettre. L’homme essaye de posséder la beauté du fini. Il pense qu’il peut s’attacher au fini, qu’il sera capable de posséder sa beauté. Hélas, au lieu de posséder, il est possédé. Le temps et l’espace l’ont attiré. Il pensait pouvoir les posséder avec sa soumission. Ils ont accepté avec plaisir sa soumission. Mais il s’est retrouvé possédé par eux de manière impitoyable. La possession n’est pas l’unité ; la conquête n’est pas l’unité.
La vision de l’hindouisme est l’unité dans la diversité. L’hindouisme embrasse d’abord tous les éléments étrangers, puis il essaye de les assimiler, et enfin, il essaye de s’agrandir dans un tout, dans le but de servir l’humanité et la nature. C’est là le signe de son aspiration dynamique riche de sens.

 

La compétition sportive optimisée par une dimension intérieure

Extraits de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy aux Editions La Flûte d’Or

Se mesurer à soi-même

Lorsque vous êtes en compétition, rappelez-vous que vous ne vous mesurez pas à la personne qui est à côté de vous ni à ceux qui sont devant ou derrière vous. Vous ne vous mesurez qu’à vous-même. Sinon, toutes sortes de mauvaises idées vous viendront à l’esprit. Votre attitude sera de battre quelqu’un coûte que coûte et ce sera votre destruction. Mais si vous ne courez avec d’autres concurrents que pour courir le plus vite possible et faire votre meilleur temps, alors quel que soit votre résultat, vous serez heureux.

Notre philosophie est la transcendance de soi. Il se trouve que j’ai été un athlète. Je peux dire que j’ai atteint un certain niveau et que je suis très fier de moi, mais il suffit que je regarde autour de moi pour constater que quelqu’un d’autre peut facilement me battre. C’est pourquoi, si on entre dans le monde de la compétition pour tenter de battre le monde entier, on sera forcément déçu. Nous pourrons être les premiers à un moment, mais l’instant d’après, quelqu’un d’autre nous dépassera. Dans le monde de la compétition, il n’y a donc jamais de paix ; il y a toujours quelqu’un de meilleur que soi. Mais si l’on essaye de ne rivaliser qu’avec soi-même pour améliorer son propre niveau, on sera toujours content.

La Joie est dans le progrès et non dans le succès

Nous courons au plus vite lorsque nous ne regardons ni à droite, ni à gauche. Si nous nous laissons distraire en pensant à une personne qui se trouve, soit à côté de nous, soit derrière nous, au lieu de penser au but lui-même, nous ne réussirons pas à atteindre le but. Ne pensez qu’à votre but, tout le temps, et votre problème sera résolu.

Il devrait toujours y avoir un but. Avoir un but ne signifie pas que nous devons essayer de battre les meilleurs coureurs du monde, loin de là. Il y a quelque chose d’essentiel, de nécessaire et d’inévitable que nous appelons progrès, et le progrès lui-même est l’expérience qui donne le plus de lumière.

Je pense que l’amélioration est nécessaire pour faire des progrès. Dans ce monde, nous ne sommes heureux que lorsque nous faisons des progrès. Si nous sommes satisfaits de ce que nous avons à présent et que nous ne voulons pas avancer, nous ne serons pas heureux.

La joie est dans le progrès et non pas dans le succès. Le succès termine notre voyage, mais le progrès n’a pas de fin. Lorsque vous avez un but fixe et que vous l’atteignez, c’est votre succès. Après cela, vous avez fini. Mais si vous n’avez pas de but fixe, si votre but est d’aller tout le temps plus loin, vous ferez constamment des progrès et vous obtiendrez la plus grande satisfaction. Alors ne vous contentez pas du succès. N’aspirez qu’au progrès. Chaque fois que vous faites des progrès, c’est là votre véritable succès.

 

Commentaire de Carl Lewis, champion olympique de sprint

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Carl Lewis JO

« Croyez-moi, la joie qui vient du fait d’aller « au-delà » est le sentiment le plus incroyable au monde. Je l’ai ressentie plusieurs fois. Et j’ai aimé voir d’autres vivre cette expérience. La joie ultime vient lorsqu’on réalise son meilleur absolu, quelle que soit sa place à l’arrivée.
« Pour moi, les Jeux Olympiques sont incarnés dans un des passages préférés de Sri Chinmoy : « Tous les athlètes doivent garder à l’esprit qu’ils sont en compétition non pas avec d’autres athlètes mais avec leurs propres capacités. Quoi qu’ils aient déjà accompli, ils doivent aller au-delà.

 Si vous pensez devant la ligne de départ, vous aurez un départ catastrophique. Les moments les plus calmes que j’ai eus en compétition étaient juste avant le départ, cinq secondes avant le départ. Quand ils disaient : « À vos marques, à vos blocs… », c’étaient là mes moments les plus intenses de méditation. Je ne pensais à rien, je ne pensais pas à la course, à ce que j’avais à faire, à ma performance, à quelle place j’allais arriver. Mon mental devenait complètement figé pour pouvoir écouter le pistolet. Alors il pouvait y avoir des millions de gens et quelqu’un pouvait hurler dans mes oreilles, je n’entendais rien. Et le seul fait d’écouter le coup du pistolet était tellement paisible et calme. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais fait de faux départ, parce que je ne m’inquiétais jamais du son du pistolet avant qu’il ne parte.

Vous devez être un expert en concentration et en méditation parce que vous devez être capable de vous concentrer sur quelque chose à des moments très stressants. Vous devez pouvoir bloquer tout ce qui peut encombrer votre mental ou changer le cours de vos pensées, et vous devez aussi avoir la foi. La méditation m’a aidé à éliminer certains des problèmes qui surviennent en tant qu’athlète. Surtout pour un athlète de classe mondiale, il y a beaucoup de pression en compétition. La méditation m’a aidé à éliminer beaucoup de pression d’une part, en ayant la foi et d’autre part, en ne me souciant pas de ce que les autres faisaient sur le stade. Lorsque je médite, je me sens plus détendu et calme. C’est ça le truc : cela enlève la pression. C’est ce que je ressens le plus : la paix et la confiance. »

« Ce que d’autres appellent pression, je l’appelle aspiration. »

« À la maison, d’habitude, je médite, et sur le stade, je prie toujours. Il y a des jours où je préfère me contenter d’être calme et rester dans une conscience méditative, mais je dis toujours une prière. C’est une chose que je n’oublie pas de faire avant chaque compétition. Je ne pense pas à la course ; c’est bien plus. Je prie pour tous les athlètes, pour qu’aucun ne se blesse et que tous restent en bonne santé. Dans un entraînement mental, on se concentre sur soi-même pour battre les autres, mais dans la méditation, on se concentre sur soi-même pour donner le meilleur de soi. » 

« Si vous pouvez trouver une force provenant de l’intérieur et une puissance provenant de l’intérieur, avec cela, vous pouvez réaliser tous les buts que vous vous êtes fixés. » 

 

« Croyez-moi, la joie qui vient du fait d’aller « au-delà » est le sentiment le plus incroyable au monde. Je l’ai ressentie plusieurs fois. Et j’ai aimé voir d’autres vivre cette expérience. La joie ultime vient lorsqu’on réalise son meilleur absolu, quelle que soit sa place à l’arrivée.Pour moi, les Jeux Olympiques sont incarnés dans un des passages préférés de Sri Chinmoy : « Tous les athlètes doivent garder à l’esprit qu’ils sont en compétition non pas avec d’autres athlètes mais avec leurs propres capacités. Quoi qu’ils aient déjà accompli, ils doivent aller au-delà. »   —Carl Lewis

Pourquoi la compétition ?

Nous nous demandons parfois si cela vaut la peine de prendre tant de mal, de temps et de soin à ce que nous faisons. Mais dans la vie, nous agissons pour être satisfait. Nous ne ferons rien d’inutile si nous ne voyons pas ou ne ressentons pas de satisfaction au bout de notre accomplissement. Cette satisfaction peut être soit éphémère, soit durable.

Beaucoup d’athlètes ne trouvent d’inspiration et d’enthousiasme que lorsqu’ils se mesurent à d’autres. Je ne peux pas leur en vouloir. Si quelqu’un est en mesure de se mesurer à quelqu’un d’autre, cela veut dire qu’il est inspiré, il est enthousiaste. En entrant en compétition avec quelqu’un, il peut faire venir en avant ses meilleures capacités. Sinon, il pourrait être léthargique. Il pourrait ne pas s’entraîner chaque jour. La discipline physique n’entre en jeu dans sa vie que lorsqu’il sait qu’il doit entrer en compétition avec quelqu’un, autrement il ne prendrait pas son entraînement au sérieux.

Notre but ne devrait pas être de dépasser les autres, mais de constamment dépasser nos propres résultats précédents. Nous ne pouvons estimer correctement notre capacité sans certains niveaux de comparaison. C’est pour cela que nous faisons de la compétition : non pas pour battre les autres, mais pour faire venir en avant notre propre capacité. Notre meilleure capacité ne se manifeste que lorsqu’il y a d’autres personnes autour de nous. Ces personnes nous inspirent à faire venir en avant nos aptitudes les meilleures et nous les inspirons en retour à faire venir en avant leurs aptitudes les meilleures.

Si vous participez à des courses, cela ajoutera à votre force et à votre détermination dans les mondes intérieurs. En pratiquant chaque jour, vous n’avez en général pas la même forme de détermination que lorsque vous courez une course. Dans une course, même si vous êtes un piètre coureur, vous êtes déterminé à faire de votre mieux, alors vous rassemblez toutes vos forces et votre détermination intérieures. Cette détermination entre aussitôt dans la Conscience Universelle, et se répand comme un feu de paille. Et ensuite, un coureur en Australie ou en Afrique ou n’importe où ailleurs dans le monde ressentira soudain une explosion d’énergie. Elle viendra de vous et de personne d’autre.

  

Restez intériorisé avant les grandes courses

« Avant les éliminatoires des Jeux Olympiques de 1996, mon ami, Sri Chinmoy m’a appelé de New York pour me souhaiter bonne chance pour les éliminatoires. Il m’a également offert ses conseils : « Prends ton temps pour être tranquille. Il va y avoir tellement d’activités, tellement de distractions, tellement de gens qui vont parler autour de toi et sur toi. Ne permets à personne d’épuiser l’énergie de ton cœur. » C’était là un conseil qui fait partie des grands classiques de Sri Chinmoy. Ses pensées sont tellement directement branchées sur le cœur. Elles proviennent du cœur et conduisent au cœur. Pour finir, Sri Chinmoy m’a suggéré de trouver une heure par jour pour être seul et en silence. Pas de télévision, pas de téléphone, pas d’amis ni de partenaires d’équipe. Moi seul et mes pensées, et une chance de me connecter à une puissance supérieure. » —Carl Lewis

« Je commence ma préparation et ma concentration pour mon épreuve non pas une ou deux heures avant, mais un jour ou deux avant. J’essaye autant que possible de plonger en moi, de moins voir de monde. Aux conférences de presse, j’essaie de ne pas être trop ouverte. Je préserve mes émotions, je les garde en moi, sinon, quand je parle avec mon cœur, cela m’enlève toute mon énergie. Quand je reste concentrée en moi, je réfléchis à des choses sérieuses, je ne vois que mes proches et les gens que j’aime. J’essaye de garder mon cœur brûlant et mon mental frais. À ces moments-là, j’aime parler de philosophie, des buts de la vie. Cela me permet de rester concentrée sur la compétition.»    —Tatyana Lebedeva

 

Participer à une compétition

Il faut se dire que nous ne sommes pas les acteurs, le seul Acteur est le Suprême. Nous devons ressentir que l’inspiration de notre action ne vient pas de nous, et que le fruit de l’action ne nous appartient pas non plus. Avec le sentiment de n’être que des instruments du Suprême, nos actions peuvent être parfaites.

La nervosité n’apparaît que lorsque nous pensons être les acteurs. Mais si l’Acteur est quelqu’Un d’autre, nous ne sommes alors que les témoins de l’action. Notre succès ou notre échec dépendent de Lui. Contentons-nous d’être de bons instruments. Par contre, si nous avons l’impression d’être ceux qui agissent, c’est là que les problèmes commencent.

Avant le départ de la course, méditez avec la plus grande ferveur pendant cinq minutes. Essayez de ressentir que ce n’est pas vous qui faites la compétition, mais que quelqu’Un d’autre court en vous et à travers vous. Vous n’êtes que le témoin, le spectateur, et comme c’est quelqu’Un d’autre qui court, vous avez toute la liberté de regarder et d’apprécier la course. Pendant la compétition, il est parfois très difficile d’apprécier la course. Soit l’esprit de compétition ou la frustration vous tuent, soit votre corps ne répond pas à votre volonté mentale et vous avez vraiment l’impression de mourir. Tant de problèmes peuvent survenir.

Mais avant de partir, si vous pouvez vous convaincre que vous êtes un observateur divin et que quelqu’Un d’autre fait la compétition en vous, à travers vous et pour vous, alors la peur, le doute, la frustration, l’anxiété et toute autre force négative ne pourront pas assaillir votre mental. Dès que ces pensées occupent le mental, elles essaient d’entrer dans le vital, puis dans le physique. Une fois dans le physique, elles créent de la tension et cela vous fait perdre tout votre pouvoir de concentration. Mais si vous pouvez vraiment ressentir que vous n’êtes pas le concurrent et que vous observez la compétition du début à la fin, vous n’aurez pas de tension et ces forces ne vous attaqueront pas. C’est la seule manière de vaincre ces forces et de maintenir le plus haut niveau de concentration du début à la fin.

Détendez-vous

La relaxation est d’une importance capitale pour tous les athlètes. Vous devez commencer par vous détendre psychiquement, dans votre cœur. Puis vous devez vous détendre au niveau mental, puis vital et enfin physique. Si vous êtes détendu au moment où vous voulez agir, vous recevez une force dans votre cœur, dans votre mental, dans votre vital et dans votre physique. Vous recevez également une force dans votre âme. Ce sont cinq forces importantes, des forces intérieures, qui vous aident secrètement. La relaxation signifie une aide du monde intérieur secret. Aussi la relaxation est-elle d’une importance capitale dans tout ce que vous faites. Mais il faut que ce soit de la relaxation, et non pas un plaisir procuré par la léthargie. La relaxation peut s’établir très vite si vous pouvez rendre votre mental calme, silencieux, vide. En rendant votre mental calme et silencieux, vous verrez que vous pourrez détendre très rapidement toutes les parties de votre être.

La pureté gagne

Prenons deux athlètes du même niveau sur le plan physique, dont vous-même. Si vous êtes pur et l’autre ne l’est pas, que va-t-il se passer ? Si vous avez vraiment le même niveau, vous battrez assurément l’athlète impur. Dès que vous toucherez votre poids, vous serez capable de contrôler vos pensées mentales, comme vos pensées vitales et vos pensées physiques. Mais lorsque l’autre athlète tiendra son poids, il regardera autour de lui pour voir si les autres le regardent. Or dès qu’il pense aux spectateurs, il perd une partie de sa force. Dès qu’il s’identifie avec le public, il reçoit leurs soucis, leur anxiété et leurs tensions. Par contre, si vous êtes pur, lorsque vous lancez le poids, dès que vous le prenez, il n’y a plus que vous et le Suprême. Vous ne permettez pas à votre vital de venir en avant. Vous n’ouvrez ni la porte physique, ni la porte mentale. La pureté est votre garde du corps. Elle ne permet à aucune mauvaise force d’entrer en vous. Vous n’avez pas la moindre idée de qui est bon, qui est mauvais, qui est votre ennemi. Votre pureté-gardienne est très stricte. Elle ne laissera rien de mauvais entrer dans votre mental. Ainsi, entre deux athlètes de même capacité, le plus pur des deux gagnera à coup sûr parce qu’il ne permettra à aucune force extérieure de l’attaquer au moment de la compétition.

Comment rester calme en cas de problèmes

Vous devez être, soit intelligent, soit connecté à votre vie intérieure. Si vous êtes intelligent, vous pouvez vous dire que ça pourrait être pire ; en disant cela, vous trouverez une certaine relaxation et une paix de l’esprit, ou une tranquillité. Mais si vous êtes connecté à votre vie intérieure, vous pouvez méditer avec force 15 à 20 minutes avant la course. Cela vous permettra d’acquérir une immense force mentale. Une fois que vous aurez acquis cette force, aucun des problèmes qui peuvent surgir pendant une course ne pourra vous déranger. Votre force mentale pourra vaincre la force de ces soi-disant problèmes avant et pendant la course.

Comment garder le rythme lorsqu’on court seul

À ce moment-là, il faut utiliser son chronomètre. Si vous savez que vous pouvez courir sept miles à une vitesse inférieure à cinq minutes par mile, essayez d’améliorer votre capacité. Vous êtes peut-être en avance sur les autres coureurs, mais vous n’êtes pas en avance sur votre meilleur temps possible. Supposons que vous comptiez courir à une vitesse de 4:30/mile (2:48/km), et que tous les autres coureurs se trouvent derrière vous : du coup, vous n’êtes pas inspiré ou vous n’avez pas envie de vous battre. Regardez simplement votre chronomètre et considérez-le comme un autre rival ou un concurrent. Vous serez alors inspiré à courir plus vite.

Lorsqu’on a envie d’abandonner une course

Faisons appel à la sagesse à tout moment. Parfois, nous sommes physiquement fatigués. D’autres fois, nous sommes mentalement fatigués, ou encore émotionnellement fatigués. Et puis, nous pouvons aussi être fatigués sans aucune raison. Notre léthargie mentale nous fait souvent ressentir que nous ne sommes pas capables de finir la course, ou que si nous la finissons, elle n’aura aucun intérêt pour nous. Notre mental a tellement de manières de nous convaincre qu’il est vain et inutile de continuer. Le mental nous fait ressentir que nous nous tuons sans aucune raison.

Lorsque la léthargie mentale ou notre propre mauvaise volonté nous torturent, nous ne devons pas nous soumettre à ces mauvaises forces. Notre devise est : « Ne jamais abandonner ! ». Ce n’est qu’après avoir donné tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes que nous pouvons abandonner, si c’est absolument nécessaire. Sinon, nous faisons la pire des erreurs. La plupart du temps, il y a toutes les chances que nous soyons capables d’arriver à notre destination. Et une fois arrivés à notre destination, nous serons les plus heureux et les plus fiers des coureurs.

Même si vous pensez que vous n’arriverez pas à atteindre votre but, n’abandonnez jamais une course. Si vous abandonnez une fois, vous abandonnerez une autre fois. Vous devez accepter de pouvoir courir une mauvaise course et savoir que le sport ne consiste pas seulement à gagner des médailles ou à être le numéro un. Je crois fermement que l’homme ne se mesure pas seulement à ses performances extérieures mais également à ses accomplissements intérieurs. Terminer une course qui se passe mal et accepter son issue peut être un grand accomplissement. Le sport n’est pas la vie tout entière. Une mauvaise performance est toujours un nouveau défi. » —Paul Tergat

Au delà du résultat

La défaite peut être une réalité qui nous prépare secrètement à courir plus vite.

Enfants, nous avons appris à marcher au prix de nombreuses chutes. De même, nous ne devenons des coureurs rapides qu’au prix de nombreuses courses perdues. Nous ne devenons de bons lutteurs qu’au prix de nombreuses défaites. Si je suis malheureux en voyant quelqu’un d’autre que moi gagner une course, cela ne m’aidera pas. Mais si je peux apprécier sa vitesse, une partie de sa capacité entrera automatiquement en moi. Une appréciation sincère nous fait gagner en capacité. Lorsque je vois quelqu’un courir à toute vitesse, je sens vraiment que je suis cette personne. Si vous pouvez vous identifier avec le succès des autres au lieu de les envier, vous trouverez beaucoup plus de joie dans votre vie. Et bien sûr, si vous pouvez vous identifier également avec leurs défaites, vous apprendrez la compassion et la bonté en même temps que vous enrichirez votre propre expérience.

Si vous méditez, vous pourrez facilement ressentir la même joie que celle du gagnant, même si vous perdez. Et de plus, vous pourrez ressentir la joie du gagnant comme votre propre joie, bien à vous. Ce n’est pas une illusion, car la méditation vous donne la force de l’unité. Ainsi le gagnant et le perdant peuvent-ils s’identifier l’un à l’autre grâce à leur méditation. De plus, si vous êtes le gagnant et si, par la force de votre méditation, vous pouvez établir votre unité solidaire avec le perdant, vous trouverez non seulement la joie de votre victoire, mais une joie supplémentaire. Vous augmenterez votre bonheur en vous identifiant avec le perdant. Votre solidarité et votre sollicitude vous offriront une grande satisfaction, une forme de satisfaction que vous n’avez pas en gagnant.

Un athlète pratique sérieusement pendant trois ou quatre mois et ensuite, pendant la compétition, il doit montrer ce dont il est capable. S’il ne réussit pas bien, il pourra se dire : « Oh, j’ai fait tant de sacrifices pendant tant de mois, quel résultat déplorable! ». Mais en réalité, ce n’était pas un sacrifice. Il a donné de lui-même pendant un certain temps, et maintenant, il reçoit le résultat sous forme d’expérience. L’aspirant qui reconnaît son unité intérieure avec le reste du monde ne se sentira ni triste, ni désespéré s’il ne réussit pas très bien. Ce genre d’expérience —le succès comme l’échec— est absolument nécessaire pour tout le monde.

Du point de vue spirituel, on dit qu’il n’y a pas de sacrifice lorsqu’il y a un sentiment d’unité. Par contre, là où il y a un sentiment de pluralité, il y a toujours un sacrifice ; sinon, tout est unité, toute unité. Si je fais ceci et vous faites cela, tout fait partie du Jeu Cosmique de Dieu. Il n’y a ni moi ni vous, il n’y a ni gagnant ni perdant. Tout n’est qu’une seule réalité, une réalité-unité.

Chaque fois que nous défions quelqu’un, nous nous affaiblissons intérieurement. Mais lorsque nous établissons notre unité avec quelqu’un, nous recevons une force. Lorsque vous établissez votre unité avec les autres, vous étendez immédiatement votre conscience. Si quelqu’un fait quelque chose de bien, vous devez avoir le sentiment que c’est vous qui l’avez fait. Les autres devraient ressentir la même chose lorsque vous faites quelque chose d’important. Chaque fois qu’un individu fait quelque chose de vraiment bien, nous devons ressentir que c’est notre inspiration et notre aspiration conscientes qui ont permis à cette personne de réussir son entreprise. Avec cette attitude de travail d’équipe, nous pourrons conquérir l’ego. Conquérir l’ego, c’est gagner une liberté illimitée. L’ego humain ne peut jamais, dans aucune circonstance, faire l’expérience de la véritable joie intérieure. La joie intérieure véritable se crée d’elle-même. Elle ne dépend d’aucune circonstance extérieure ni d’aucun accomplissement.

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L’athlète peut trouver la paix grâce à son sentiment d’unité avec les autres. Avant de commencer la compétition, il peut prendre simplement une petite seconde pour se dire : « Quel que soit celui qui sera premier, je serai également heureux, parce que celui qui va gagner est de toutes façons mon frère ou ma sœur. Si je ne courais pas, ou si je ne sautais pas, il n‘y aurait pas de compétition, et cette personne ne pourrait pas être un vainqueur. Et par ailleurs, si je gagne, ce n’est que parce que d’autres ont également couru et sauté. »

Si nous pensons à l’unité avant d’agir, et si nous pouvons maintenir ce sentiment d’unité pendant et après notre action, la paix règnera toujours. Du début à la fin, nous devons chanter le chant de l’unité. Si par exemple, nous courons un marathon avec des milliers de gens courant vers la même destination, et un coureur arrive le premier, et moi le dernier ; si j’ai pu établir mon unité avec les autres coureurs, je serai tout aussi heureux parce qu’ils font tous partie intégrante de ma vie. Et je ne me sentirai pas désespéré parce qu’une partie de moi a atteint le but avant une autre partie. Sans unité, quoique nous fassions, nous ne sommes pas heureux. Même lorsque nous réussissons, la joie que nous avons ne dure pas.

Quand je regarde une saison comme 1996, le but ultime pour moi n’était pas nécessairement de gagner la médaille d’or du saut en longueur. Bien sûr, j’ai été content de le faire, mais le but ultime pour moi était de gagner la médaille d’or de l’effort. Même si vous gagnez, (j’ai eu de petites victoires comme de très heureuses défaites), en fin de compte, ce que vous voulez, c’est ressentir que vous avez tout donné parce qu’à ce moment, vous pouvez accomplir la seule chose que vous puissiez accomplir : donner votre meilleur effort. C’est vraiment tout ce qui compte. C’est cela qui fait la différence entre beaucoup de grands athlètes et de grandes personnalités dans notre société. Il y a ceux qui peuvent se permettre d’être détachés du « gagner et perdre », des bonnes et des mauvaises courses, et qui se contentent de dire : « Tout cela et en fait tout ce que je fais dépasse en fin de compte mon contrôle. Je fais simplement de mon mieux et je permets à quelque chose de se passer ; je peux être comblé autrement. »

« Ce que vous devez faire, c’est vous préparer physiquement, émotionnellement et spirituellement pour accepter ce qui se passe un jour donné. Et c’est ce que beaucoup de gens ont peur de faire, c’est de se dire « Bon, j’ai fait tout ce que je pouvais. Tout ce qu’il me reste à faire en ce moment, c’est de courir : le reste n’est pas entre mes mains. » Beaucoup de gens veulent tout contrôler. Ils n’arrivent jamais vraiment au succès qu’ils pourraient atteindre parce qu’ils croient pouvoir contrôler leurs performances ; ils pensent pouvoir contrôler tout ce qu’ils font ce jour-là, alors ils essaient trop de contrôler au lieu de permettre à tout de se produire. Cela fait une grande différence.
« Vous voyez des athlètes qui sont tellement obsédés par leurs performances —« il faut que je batte le record cette fois-ci »— qu’ils semblent ne jamais être contents. Il peuvent battre des records du monde, parce qu’ils contrôlent leur performance et ne permettent pas simplement le « je suis plus rapide que toi » de se produire. Donc c’est beaucoup plus que le simple « j’ai franchi la ligne le premier ». Il y a un processus de « est-ce que je me suis consacré entièrement à cette performance ? Est-ce que j’ai travaillé aussi dur que je pouvais ? Est-ce que j’ai fourni 100% d’efforts ? Est-ce que je me suis permis d’accepter tout ce qui pouvait m’aider à devenir le meilleur possible ? »  —Carl Lewis

Si je considère la défaite comme la victoire comme une expérience, aucun doute ne peut entrer en moi. Le fait de ne pas être capable de faire quelque chose est une expérience, et le fait d’être capable de faire quelque chose est également une expérience. Alors pourquoi douter ? Je considère l’expérience que je traverse dans la victoire et celle que je traverse dans la défaite comme deux expériences également bonnes, aussi le doute ne peut-il me torturer. Il ne me torture que lorsque je dis : « Que va-t-il m’arriver si je n’agis pas, ou que je ne peux pas agir ? » Mais si je n’agis pas, le monde ne va pas s’écrouler ; et si j’agis, cela ne sauvera pas le monde. Si je perds, l’expérience que je reçois vient de l’Au-delà. Et si je gagne, l’expérience vient également de l’Au-delà.

En considérant la victoire et la défaite comme égales, il ne peut y avoir aucun doute, quel qu’il soit. Je suis aussi heureux de pouvoir faire quelque chose ou de ne pas pouvoir le faire, parce que ces deux résultats ne sont finalement que des expériences que je vis, et ces expériences, c’est mon Pilote intérieur qui les vit Lui-même en moi et à travers moi.

Ne pensez pas à l’échec ; soyez joyeux. Si vous avez échoué auparavant, dites-vous que ce jour n’a jamais existé. Rendez votre mental frais et propre. Vivez avec un nouvel espoir et une nouvelle promesse.

L’idée d’échec est une chose déplorable dans la vie de quelqu’un, que ce soit dans le soulever de poids ou dans toute autre discipline. Nous ne devons jamais aimer l’idée d’échec. Nous devons toujours avoir le sentiment de réussir. Il n’y a rien de tel que l’échec permanent. L’échec n’est que temporaire. Même si nous échouons aujourd’hui, demain, nous réussirons à coup sûr.

L’échec est une expérience qui nous éveille. Le succès est une expérience qui nous donne l’énergie pour nous battre pour un succès plus élevé et plus grand.

Enrichir votre entraînement : discipline, nouvelle énergie, enthousiasme, repos

Extraits de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy aux Editions de la Flûte d’Or

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Avant de courir, de sauter ou de commencer ses activités physiques, un athlète qui a une quête spirituelle devrait toujours offrir quelques moments de gratitude à son Pilote intérieur pour l’inspirer à devenir un athlète. Un athlète est celui qui court, qui apprécie le temps et la vitesse et qui croit en un but qui ne cesse d’avancer. Il y a des millions et des milliards de gens sur terre qui ne sont pas des athlètes. Mais s’il est déjà un athlète,  il peut en être reconnaissant et ainsi augmenter sa force de réceptivité. Dès que sa force de réceptivité augmente, sa capacité athlétique augmente aussitôt, car c’est la réceptivité qui augmente la capacité. Dès qu’il développe sa réceptivité, il est béni par davantage de capacité, une capacité abondante, une capacité illimitée. Et pour augmenter sa réceptivité, il n’y a qu’une seule manière : offrir son cœur de gratitude pour tout ce qu’il est déjà devenu. La gratitude signifie l’offrande de soi à son soi le plus élevé. Votre gratitude ne va à personne d’autre ; elle va à votre propre soi le plus élevé. La gratitude vous aide à vous identifier et à ressentir votre unité avec votre propre réalité la plus élevée.

L’Art de la Discipline

Soyez discipliné tout en aimant votre entraînement

« Avec le temps, j’ai fini par comprendre que lorsque vous êtes physiquement fort, vous pouvez faire des milliers de sauts qui peuvent tous être techniquement parfaits. Cependant, si vous n’avez pas mis d’âme dans vos sauts, ils seront bons à rien. D’autre part, vous pouvez ne faire que dix sauts, mais si vous les faites de tout votre cœur, ils pourront inspirer quelqu’un. Cette inspiration vous reviendra, et vous apportera une véritable satisfaction, ainsi qu’une vraie joie, une vraie élévation et vos performances seront vraiment plus faciles. » Tatyana Lebedeva

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Tatyana Lebedeva (Russie) 3 fois championne du monde en triple saut, médailles olympiques or et argent en saut en longueur

Un athlète est un artiste. Un artiste est celui qui a discipliné sa vie pour découvrir la Vérité qui se manifeste de nombreuses manières. L’art suprême est une vie disciplinée. Celui qui discipline sa vie est un grand explorateur de vérité, de lumière, de beauté, de paix et de béatitude.

Afin de devenir un bon athlète, il faut discipliner considérablement sa vie. Il faut se lever tôt le matin pour pratiquer, et il faut à nouveau pratiquer intensément à midi ou le soir. On ne peut pas avoir la léthargie, l’indolence et le manque de ponctualité comme amis. La vie disciplinée d’un athlète est donc déjà la preuve qu’il est un artiste.

L’athlète a déjà le sens de la discipline —la discipline du corps. La discipline de la conscience physique est d’une importance capitale, parce que la mise en place de la discipline physique demande du temps. On peut facilement discipliner la conscience psychique, la conscience mentale et la conscience vitale à travers la prière et la méditation. Mais cela prend beaucoup de temps de discipliner la conscience physique, parce que notre physique est comme un singe très malin. Etablir une paix disciplinée dans notre conscience physique est une tâche de longue haleine. C’est pourquoi l’athlète qui a réussi à mettre en place cette discipline dans sa vie extérieure est sans nul doute un artiste du point de vue spirituel.

L’Energie cosmique

On peut faire descendre en soi l’énergie cosmique en entrant dans notre conscience la plus profonde, la conscience qui embrasse tout, qui se trouve ici, là et partout à la fois. Il y a différents types de consciences dans les mondes spirituels. C’est la conscience intérieure, la conscience la plus intérieure, qui touche les sources de l’énergie cosmique. Si nous arrivons à avoir libre accès à notre conscience la plus profonde, nous y trouvons inévitablement l’énergie cosmique. Lorsqu’on va profondément en soi, elle jaillit comme une source, une source intarissable, et elle inonde le corps tout entier.

Nous avons plus de 86 000 nerfs subtils et trois nerfs principaux. Ceux-ci se nomment Ida, Pingala et Sushumna. Ce dernier est très étroitement relié à l’énergie cosmique. Il peut attirer en lui une très grande quantité d’énergie de l’univers en un rien de temps. Celui qui sait se concentrer et bien méditer peut avoir libre accès à cette énergie cosmique qui a une origine parallèle à celle de la Vision Cosmique de Dieu.

La source de l’énergie physique

Sachons que l’énergie physique n’a qu’une seule source, et cette source est l’énergie spirituelle. Tant que l’on reste dans la conscience physique, on n’en est pas conscient. Mais lorsqu’on va profondément en soi, on voit que l’énergie spirituelle est la source de l’énergie physique, vitale et mentale.

Vous recevez toute votre force, votre énergie et votre détermination d’un endroit particulier. Cet endroit est votre cœur et votre âme. Essayez de ressentir que toute votre force, votre détermination et votre force de volonté se trouvent dans cet endroit particulier, là, dans votre cœur.

Votre détermination doit être reliée à une source plus profonde. Les disciplines extérieures, mentale, physique ou vitale, ne peuvent réussir tant qu’elles ne sont pas soutenues par la force de volonté indomptable de l’âme.

Rafraîchissez votre entraînement

Une manière de maintenir la fraîcheur et l’enthousiasme dans votre entraînement est d’avoir le sentiment d’avoir un but clair, significatif et productif. En gardant à l’esprit ce but significatif et productif, l’enthousiasme et la fraîcheur apparaîtront automatiquement. En effet, si l’on donne sa valeur au but, le but lui-même nous procure enthousiasme et fraîcheur. Pour surmonter ses réticences, il faut avoir un but et il faut essayer d’atteindre ce but.

Si vous ne trouvez pas assez de joie dans la course, apportez de la variété dans votre course. Ne courez pas à la même vitesse ou la même distance chaque jour. Changez de distance ou de vitesse chaque jour.

Chaque jour doit venir à vous comme un nouvel espoir, une nouvelle promesse, une nouvelle aspiration, une nouvelle énergie, un nouveau frisson et un nouveau bonheur. Lorsque le jour poindra à nouveau demain, vous aurez déjà vu des milliers de jours, alors si vous accueillez ce jour comme un jour identique à tous ceux que vous avez déjà vus, vous ne ferez aucun progrès. Vous devez avoir le sentiment que demain sera quelque chose d’absolument nouveau que vous allez créer dans votre vie.


Faut-il courir même lorsqu’on est extrêmement fatigué ?

En règle générale, il n’est pas recommandé de courir lorsqu’on est extrêmement fatigué, parce que cela ne nous apporte aucune aide. Au contraire, la course nous fatiguera et nous détruira davantage et elle nous laissera un goût amer dans le mental. Mais parfois, il arrive que nous nous sentions extrêmement fatigués alors que nous ne sommes pas vraiment fatigués physiquement. Nous ne sommes fatigués que mentalement ou émotionnellement, mais le mental nous convainc que nous le sommes physiquement. Notre léthargie humaine est tellement maligne ! Elle agit comme un filou, un parfait filou, et nous sommes ravis de traiter notre corps avec compassion. Nous inventons toutes sortes de justifications à la léthargie de notre corps et nous nous persuadons que notre corps mérite de se reposer. Là, il faut être sincères avec nous-mêmes. Si nous sommes vraiment très fatigués, il vaut mieux ne pas courir. Mais nous devons être sûrs que ce n’est pas la conscience de notre mental léthargique, notre vital léthargique ou notre physique léthargique qui nous fait ressentir cette énorme fatigue. Nous devons conquérir ce genre d’habileté de notre intelligence.

Nous pouvons défier le mental rusé avec notre pouvoir d’imagination et gagner sur lui. Nous nous affaiblissons en imaginant que nous sommes faibles. Mais inversement, nous pouvons nous renforcer en imaginant que nous sommes forts. Notre imagination nous oblige souvent à nous dire que nous ne pouvons pas faire quelque chose ou que nous ne pouvons pas dire quelque chose. Nous utilisons souvent l’imagination à tort, alors, au lieu de la laisser nous faire reculer, utilisons la pour avancer vers notre but.

Votre patron, c’est le cœur

Ne permettez pas au mental d’être votre patron. Soyez le patron de votre mental. Supposons qu’un jour vous vous reposiez. Le mental vous dira que vous n’avez pas fait d’entraînement pendant plusieurs jours. Toutes sortes de soucis et d’anxiétés viendront à vous et vous donneront l’impression d’avoir pris trop de jours de repos. Le mental pourra vous dire que vous avez perdu un peu de vos capacités ou que vous n’êtes plus aussi ardent, aussi sincère, aussi sérieux. Ce mental rusé vous dira le jour suivant que si vous aviez été sincère et sérieux, vous vous seriez aussi entraîné la veille. En vous disant que vous n’êtes pas sérieux et que vous n’êtes pas sincère, le mental vous affaiblit.

À ce moment, il faut devenir le patron de votre mental. Le juge final doit être le cœur. Quoi que vous fassiez, le cœur vous dira que vous avez fait ce qu’il fallait. Si vous vous arrêtez après quinze lancers, le cœur vous dira que vous avez fait absolument ce qu’il fallait. Le mental, lui,  dira : « Non, j’aurais du en faire deux ou trois de plus. J’aurais probablement fait mieux. » Mais si vous aviez fait plus, vous vous seriez peut-être blessé au lieu de vous améliorer. N’écoutez pas du tout le mental. Quoi que vous fassiez, faites le joyeusement et avec enthousiasme. Le jour où vous vous reposez, ressentez que c’est pour vous la meilleure chose à faire. Le jour où vous vous entraînez, ressentez que c’est ce qu’il vous faut. Quoi que vous fassiez, dites vous que vous faites absolument ce qu’il faut. Si, lorsque vous faites quelque chose, vous pensez que çà n’est pas bien, le mental vous enlèvera toute joie, tout enthousiasme, toute ardeur et toute bonne volonté.

Votre joie est votre force.

Votre joie vous donnera confiance ; la confiance vous donnera de la joie. Si vous faites du saut en hauteur ou tout autre chose, ressentez que vous le faites pour vous rendre heureux. Tout ce que vous faites, faites le joyeusement. N’ayez aucun regret, en vous disant : « Oh, j’aurais du faire ceci, j’aurais du faire cela. » Non, tout ce que vous avez fait, dites vous que c’est absolument ce qu’il fallait faire. Cela vous donnera de la joie. Une fois que vous avez terminé, ressentez que vous avez fait de votre mieux. Si vous vous dites : « J’aurais dû faire autre chose », cela vous affaiblira. Alors vous ne pourrez pas effectuer vos autres disciplines correctement.  Faites toujours tout aussi bien que possible, et puis dites vous ensuite : « J’ai fait ce qu’il fallait. Si je me suis reposé, c’est que c’était absolument nécessaire. Si je ne me suis pas reposé, c’est que cela n’était pas nécessaire. » Convainquez toujours votre mental avec joie, beaucoup de joie.

Repos et sommeil

Un océan de paix

Il y a une méthode yoguique pour se reposer. En une seconde, vous pouvez gagner le repos de quinze minutes, une demi-heure et voire plus. Comment trouver ce genre de repos ? Lorsque vous allez vous coucher le soir, ressentez que votre corps entier, de la tête aux pieds, est devenu un océan de paix. Vous êtes devenu la paix même. Essayez de ressentir consciemment que vous n’êtes plus le corps, mais que vous êtes une expansion infinie de la paix. Lorsque vous pourrez ressentir consciemment cette paix, vous verrez que votre corps physique a fusionné avec elle et a complètement disparu dans l’océan de paix. Si vous arrivez à faire cet exercice convenablement, vous aurez besoin de très peu de sommeil.

Tôt le matin, lorsque vous avez du mal à vous lever, essayez de ressentir que votre corps tout entier, de la tête aux pieds, représente un océan de paix. Ressentez que vous êtes devenu la paix même. Vous pensez que vous avez de la force lorsque votre corps est actif et en mouvement ; mais la véritable force se trouve dans la paix intérieure et non pas dans l’action extérieure. Lorsque vous possédez de la paix en abondance, vous possédez la source de l’énergie dynamique ordinaire. Si vous faites appel à l’énergie dynamique qui se trouve en vous sous forme de paix, vous pourrez facilement vous lever.

La méditation fait descendre la paix en soi

Cette paix donne de l’énergie au corps tout entier. Lorsque votre corps tout entier est surchargé de paix, vous avez besoin de moins d’heures de repos. Parfois deux heures de repos vous donneront une grande énergie. Inversement, vous pourrez passer des heures et des heures au lit sans trouver de véritable repos. Ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre d’heures de sommeil que la manière dont vous dormez. Si vous trouvez difficile de vous lever le matin, sachez que pendant vos huit heures de sommeil, vous n’avez peut-être pas eu une seule heure de bon sommeil.

Maintenir son enthousiasme

Dans les courses de courtes distances —de cent mètres à un mile—, il est facile de maintenir son enthousiasme. Vous avez une explosion d’énergie ou d’inspiration, et vous partez. Mais pour les longues distances, il est très difficile de maintenir son enthousiasme. Il y a de nombreuses manières de le faire lorsque vous fatiguez dans les courses de longues distances, mais en voici deux qui sont particulièrement efficaces.

 L’enthousiasme d’un enfant de six ans

Pendant que vous courez, ne pensez pas que vous avez vingt-cinq ou trente ans. Pensez que vous avez six ou sept ans. À l’âge de six ou sept ans, un enfant ne s’assied pas, il ne fait que courir à droite et à gauche. Alors imaginez l’enthousiasme d’un jeune enfant et identifiez vous, non pas à l’enfant, mais à la source de son enthousiasme. C’est là l’une des manières.

Identification avec les coureurs les plus rapides

L’autre manière secrète, si vous courez une course de longue distance, est de s’identifier avec dix ou vingt coureurs qui sont devant vous. Imaginez simplement comme ils inspirent et expirent. Et puis, pendant que vous inspirez, ressentez que vous inspirez leur propre souffle et que l’énergie des vingt coureurs entre en vous. Et puis, lorsque vous expirez, ressentez que tous les vingt coureurs expirent votre fatigue et votre manque d’enthousiasme. Ainsi, occultement ou secrètement, vous inspirerez le souffle de vingt coureurs à la fois.

Cette énergie que vous recevez n’est autre que de l’enthousiasme. Elle vous fera avancer de dix pas. Mais souvenez vous que vous inspirez leur souffle, leur inspiration et leur détermination, et non pas leur fatigue. Vous devez ressentir que leur souffle est comme de l’eau propre distillée. Si vous pensez que quelqu’un est à l’agonie, le souffle de cette personne ne vous aidera pas. Mais si vous pensez à quelqu’un qui court plus vite que vous, son énergie vous aidera. Vous ne la volez pas : vous ne faites que prendre l’énergie spirituelle qui se trouve autour de lui et en lui, comme elle est en vous également. Mais comme il court plus vite, vous en êtes plus conscient que lui.

 

La Voie naturelle

Je prie Dieu afin que les gens abandonnent le plus vite possible tout ce qui n’est pas naturel, tout ce qui est néfaste pour la santé et qui endommage le corps physique ou subtil. Les drogues qui rendent plus fort que tout sur le plan physique finiront sans aucun doute par avoir des effets secondaires immédiats sur le plan intérieur. Sur le plan physique également, ils verront ces effets secondaires s’installer lentement, mais sûrement. Alors je prie de toutes mes forces l’homme et Dieu afin que les gens ne prennent rien qui ne soit pas naturel, parce que ces substances qui ne sont pas du tout divines finiront un jour ou l’autre par les détruire. Dans l’immédiat, ces produits peuvent apporter un certain succès, mais ils peuvent détruire le potentiel et les capacités infinies que chacun possède pour faire quelque chose non seulement pour lui-même, mais également pour l’humanité. Lorsque vous faites bien quelque chose, vous aidez l’humanité. Si vous faites quelque chose de mal, ne pensez pas que vous serez le seul affecté. Non, tout le monde sera affecté. En faisant quelque chose de mal, on fait descendre le progrès de l’humanité.

Ecarter les stéroïdes

Il est tout à fait possible de se placer parmi les meilleurs du monde sans utiliser de stéroïdes. Un jour, dans un futur proche, des athlètes seront capables de battre tous les records du monde et d’améliorer les niveaux mondiaux sans utiliser aucune drogue.

La nature incarne l’énergie cosmique. Cette énergie cosmique est infiniment plus forte que tous les produits chimiques fabriqués par l’homme. Cette énergie provient de la Source ultime et nous conduit vers la Source ultime tout en nous comblant et en nous satisfaisant. Les produits chimiques et autres produits artificiels finiront par échouer parce qu’ils ne sont pas naturels.

Autres sujets de ce chapitre :

Améliorer sa vitesse

Renforcer les jambes

Les hauts et les bas

 Rester en bonne santé

Pourquoi est-ce que je me blesse lorsque je fais plus de sport ?

Pourquoi se blesse-t-on sans raison apparente ?

Faut-il souffrir pour réussir ?

L’esprit de la course, la course intérieure, mieux courir les longues distances

Extraits de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy, aux Editions la Flûte d’Or

La course et le voyage intérieur
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La course nous rappelle le voyage intérieur qui est devant nous. Le but est devant nous et nous courons vers ce but. C’est un merveilleux sentiment, qui aboutit ensuite à un grand accomplissement.

La course a sa propre valeur intérieure. Lorsque vous courez, chaque respiration est reliée à une réalité supérieure. Lorsque vous courez et si vous êtes dans une bonne conscience, votre respiration est bénie par une respiration intérieure plus élevée. Bien sûr, cela ne vaut pas si, en faisant votre jogging, vous bavardez avec votre ami au sujet de choses mondaines. Mais si vous courez dans une bonne conscience, chaque respiration vous connectera avec une réalité intérieure plus profonde et plus élevée.

Si vous voulez renforcer votre corps physique avec une force plus élevée ou une réalité plus élevée, la course est absolument nécessaire. Je ne dis pas que vous devez courir à toute vitesse. Mais même en faisant votre jogging habituel, vous pouvez ressentir que vous avez deux respirations, dont l’une est plus élevée que l’autre : quelque chose vous tire vers le haut ou bien vous vous portez vers le haut. L’autre respiration est celle de votre corps ; les deux sont combinées.

La course nous montre un but

La course est un mouvement continu. Le fait de courir nous fait ressentir qu’il y a un but —non seulement un but extérieur, mais également un but intérieur. La course nous aide en nous montrant qu’il y a un but. Par ailleurs, la course en soi est un but pour ceux qui veulent maintenir leur corps en parfaite condition.

Course et transcendance

La course nous offre le message de la transcendance. Dans notre course, nous poursuivons chaque jour un nouveau but. C’est comme un enfant qui étudie à l’école. Il va d’abord au jardin d’enfant, puis au primaire, au secondaire, et enfin à l’université. Une fois qu’il a obtenu ses diplômes, s’il n’est toujours pas satisfait, il voudra acquérir toujours plus de sagesse et de connaissance. De même courons-nous chaque jour vers un but, mais que nous voulons dépasser dès que nous l’avons atteint. Nous voulons soit améliorer notre temps, soit augmenter notre distance. Il n’y a pas de fin à notre désir de progrès. La course représente une transcendance continue et tel est aussi le message de notre vie intérieure.

Course et méditation

À travers la prière et la méditation, nous pouvons développer une grande force de volonté, et cette force de volonté peut nous aider à gagner de très bons résultats dans notre course extérieure.

La méditation est tranquillité, calme et silence, tandis que la conscience de la course est dynamisme. Cependant, la vitesse extérieure du coureur possède en son cœur même une forme de calme et d’équilibre. Un avion vole très vite et pourtant on ne ressent aucun mouvement à l’intérieur. Tout est tranquille, paisible ; et nous pouvons apporter ce calme intérieur dans notre vie extérieure. En fait, la vie extérieure, le mouvement extérieur ne peuvent réussir que lorsqu’ils proviennent de l’équilibre intérieur. Sans équilibre, il ne peut y avoir de mouvement extérieur réussi. L’équilibre est une puissance invisible et cette puissance invisible est toujours prête à venir en aide au coureur extérieur.

Courir pour le Bonheur intérieur

Votre sourire intérieur peut considérablement vous aider dans votre course.

Tout le monde veut être heureux et beaucoup ont découvert que la course était une manière très efficace d’apporter le bonheur. La raison est que la course exige non seulement une bonne condition physique, mais également une bonne condition du vital, du mental et du cœur.

Nous sommes composés d’un corps, d’un vital, d’un mental, d’un cœur et d’une âme. Ce sont les membres d’une seule et même famille qui doivent en principe aller ensemble. L’âme est la sœur aînée. Puis viennent le cœur, puis le mental, le vital, et enfin le corps.

Parfois, le corps est en assez bonne condition pour courir mais le mental n’est pas prêt. Et puis il arrive que le mental veuille courir, mais que le corps ne soit pas coopérant. Il faudrait donc que tous les membres de la famille —le corps, le vital, le mental et le cœur—travaillent ensemble. C’est comme pour une réunion de famille, un repas de famille. Le chef de famille a invité tous les membres à un repas. Si l’un des fils vient et pas l’autre, le parent ne peut pas être heureux. L’âme est le chef de famille. Elle veut offrir un festin à tous ses enfants avec la course. Sa joie ne sera pas complète tant que tous les membres de la famille ne seront pas présents. Tous les enfants doivent participer au repas de famille.

Une bonne forme physique

La course maintient le corps, le vital, le mental et le cœur en bonne condition afin que l’âme soit entièrement heureuse. Aujourd’hui, les gens réalisent que la course peut amener tous les membres de la famille de la vie à se réunir. Ils voient également que la course peut les aider à combattre les maux et les maladies physiques. Une maladie peut entrer dans votre corps comme un visiteur non sollicité et avant même que vous ne l’ayez réalisé, elle devient votre véritable ennemie. Mais la course, en vous maintenant en bonne santé, vous aide à reconnaître la maladie plus tôt et à l’empêcher de vous attaquer.

Un remède contre la colère

La course est également un excellent remède contre la frustration et la colère. Si vous êtes vraiment fâché contre quelqu’un, allez courir. Au bout d’un kilomètre ou deux, vous verrez que votre colère est partie, soit parce que vous êtes complètement épuisé, soit parce que la satisfaction que vous avez gagnée par votre exercice physique a remplacé votre colère.

Chaque fois que vous faites preuve d’agressivité ou de colère, votre force intérieure vous abandonne immédiatement. Ne pensez jamais que la colère soit une force. La colère est absolument une faiblesse. Dès que vous êtes en colère, vous perdez la force psychique de votre cœur. Alors dès que vous êtes attaqué par la colère, dites-vous : « Je n’ai rien à faire avec toi. » Essayez de garder votre équilibre intérieur.

Un mantra pour la course

En courant, si vous pouvez répéter le nom du Suprême avec le plus de ferveur et de dévotion possible, cela vous aidera naturellement à améliorer votre vitesse et votre endurance. Si vous souhaitez dire un mantra, « Suprême » est le meilleur des mantras. Si vous recherchez un type particulier de méditation, « Suprême » est la meilleure forme de méditation. Essayez simplement de répéter le nom du Suprême avec la plus grande ferveur. Cela vous aidera à accroître votre vitesse et votre force d’endurance.

Lorsque vous commencez à courir, écrivez intérieurement sur le sommet de votre tête : « Pas de mental, pas de mental ! ». Il y a certes de la détermination dans le mental, mais dans le cœur, on trouve la force de volonté, la force de volonté psychique. Si vous pouvez utiliser la force de volonté que le mental possède sous forme de détermination, c’est bien. Mais cela n’est rien en comparaison de la force de volonté psychique du cœur.

Les enfants peuvent-ils courir des longues distances ?

Mon sentiment intérieur, mon sentiment spirituel et yoguique me dit qu’il n’est pas bon du tout pour les enfants de courir de longues distances ; ce n’est pas bon pour leur croissance. Un enfant indien en dessous de treize ans ne devrait pas courir plus de 1 mile. Pour les américains, je placerais la barre à dix ans. Les enfants en dessous de dix ans ne devraient pas courir plus de 1 mile ( 1,6 km ). S’ils veulent courir 3 miles (environ 5 km), ils devraient avoir au moins treize ans. Ces enfants ont beaucoup d’années à vivre sur terre. Qu’ils courent des 50, 60 ou 200 mètres ; au maximum 400 ou 800 m. Mais la capacité des poumons et la condition du cœur ne sont pas assez développées pour la course de longue distance, surtout pour les enfants en pleine formation. Les médecins diront peut-être que la course de longue distance est bonne pour les enfants, mais je pense qu’elle peut conduire à de sérieux problèmes et qu’elle est très dangereuse. J’ai beaucoup de peine de voir que des parents ne sont pas raisonnables dans ce domaine. Ils font vraiment quelque chose d’injuste à leurs enfants. Une graine germe, puis devient une plante. Si vous accélérez sa croissance de façon non naturelle, elle pourra grandir un peu plus. Mais si vous la développez trop, elle n’aura pas suffisamment de racines. Elle ne sera pas capable de grandir en un arbre normal, naturel.

Le vélo améliore-t-il la course à pied ?

J’ai fait beaucoup de vélo pendant ma jeunesse en Inde. Je faisais du vélo au moins deux heures et demie chaque jour pour faire des courses. Cela n’améliore pas du tout la vitesse de la course à pied, mais c’est mieux que rien. En fait, le vélo peut même être un handicap pour la vitesse de la course à pied parce qu’il développe certains muscles qui n’ajoutent rien aux muscles de vitesse. Le vélo apporte une aide en matière d’endurance, mais je ne le recommande pas pour augmenter sa vitesse en course à pied. Vous pouvez faire du vélo pour l’endurance ou comme alternative si vous êtes blessé et que vous ne pouvez pas courir. C’est bon pour gagner un peu en résistance. Mais cela dit, la résistance en vélo et la résistance en course à pied sont des forces complètement différentes. Pour celui qui veut devenir un bon coureur avec un rythme soutenu de 5 mn par mile, le vélo n’est pas la solution. La bonne solution consiste en un bon entraînement de route.

Courir un Marathon

Le marathon est un long voyage. Bien sûr, il y a aussi l’ultra marathon, mais le marathon est unique et restera toujours sans égal dans les courses de longues distances. De même que le marathon est un long voyage sur le plan extérieur, de même la spiritualité est-elle un long voyage, plus long, plus long que tout sur le plan intérieur. Votre propre course spirituelle est sans commencement et sans fin ; elle est infinie.

Lorsque vous courez un marathon, vous essayez d’accomplir quelque chose de très difficile et d’ardu sur le plan physique, mais cela vous donne de la joie parce que cela vous rappelle ce que vous essayez d’accomplir sur le plan intérieur. De même que vous êtes déterminé à finir un marathon, le voyage le plus long sur le plan extérieur, de même êtes-vous déterminé à atteindre le But de votre voyage intérieur. L’un des voyages vous rappellera toujours l’autre.

Concentration et méditation pour courir un marathon

Avant de faire du sport, vous pouvez méditer avec beaucoup de force pour rendre votre mental calme et silencieux afin qu’aucune pensée négative n’entre en vous. Dès que les pensées négatives occupent votre esprit, elles créent des tensions et cela vous fait perdre toute votre force de concentration.

Il est toujours recommandé de se concentrer pendant que l’on court un marathon. Si vous méditez, vous ressentirez que vous vous trouvez, soit sur le sommet d’une montagne enneigée, soit au fond de l’océan. Ce type de méditation est du plus haut niveau, mais cela ne vous aidera pas à courir. Mais si vous vous concentrez sur la course, à chaque instant, vous pourrez réguler vos pas et votre mouvement en avant. De plus, les pensées décourageantes, destructrices et désagréables ne pourront pas faire baisser votre conscience. Et si votre conscience n’est pas affaiblie, vous courrez naturellement plus vite.

Cependant, la méditation est bonne avant de courir pour apaiser et taire le mental afin qu’aucune mauvaise force ne puisse y pénétrer. Lorsque vous méditez, votre esprit trouve un équilibre. Plus tard, lorsque vous courrez, si vous pouvez faire venir en avant cet équilibre, cela vous aidera à surmonter la frustration mentale qui survient souvent pendant les courses de longues distances. Lorsqu’on court de longues distances, toutes sortes de pensées frustrantes viennent à l’esprit et font penser que ce que l’on fait est inutile. Ou bien votre mental vous dira « Oh, je m’ennuie », et vous n’aurez plus envie de faire un pas de plus. Mais si vous avez eu la possibilité de méditer plus tôt, vous aurez acquis une force intérieure solide qui vous soutiendra kilomètre après kilomètre. La méditation vous enseigne également comment vider votre esprit de toutes les pensées. Et si vous pouvez maintenir votre esprit vide de pensées pendant votre course, cela vous aidera considérablement —bien au-delà de votre imagination. À ce moment-là, une nouvelle création pourra poindre en vous et cela vous donnera davantage d’inspiration et de réceptivité.

Conseils donnés aux coureurs du Sri Chinmoy Marathon Team avant le marathon de New York en 1986

Avant le départ de la course, méditez dix minutes. La course commence à 10h45. Vous n’avez pas besoin de méditer exactement dix minutes avant le départ, mais ne méditez pas avant 10h. Ensuite, à chaque mile, —que vous couriez bien ou mal—, offrez votre gratitude à votre Suprême Bien-Aimé pendant deux minutes le long du prochain mile. Enfin, après avoir terminé le marathon, même si vous êtes épuisés, morts, méditez à nouveau cinq minutes et offrez votre gratitude à votre Suprême Bien-Aimé. Même si vous tentiez de courir le marathon en-dessous de 2h30 et que vous avez mis trois heures et demie, offrez votre gratitude pour avoir participé et couru la course avec enthousiasme. Même si vous avez misérablement échoué dans votre tentative d’atteindre un temps donné, votre gratitude joyeuse sera aussi bonne, selon moi, que de courir en-dessous de 2h30 ou d’atteindre tout autre but extérieur.

Si vous êtes fatigués, épuisés, morts, que vous êtes blessés ou que vous avez des crampes, arrêtez-vous. Mais si vous devez vous arrêter, ne vous sentez pas misérables. Offrez simplement votre gratitude. Si vous abandonnez au bout de 11 miles, méditez quand même cinq minutes.

Comment courir un marathon plus vite

Vous pourrez assurément améliorer votre temps au marathon si vous courez des 10 000 mètres en stade. La course à pied est une discipline physique, une discipline mentale, une discipline philosophique et une discipline de l’Au-delà. Par rapport au mental, si vous avez l’habitude de courir des distances plus courtes, cela vous aidera vraiment.

Lorsque vous courez un marathon, essayez de ressentir mentalement que vous ne courez que 21 km au lieu de 42 km. Si vous pouvez convaincre ainsi votre mental et si à son tour le mental peut convaincre le corps qu’il ne court que 21 km au lieu de 42, vous en tirerez un grand avantage. Cela n’est pas une hallucination mentale. Une nouvelle découverte est apparue dans le mental et le mental la transmet au corps. Le mental comme le corps devront agir ensemble afin d’atteindre le but ultime.

Enfin, si vous pouvez vous dire que votre course à pied vous fait faire quelque chose qui est directement relié à l’Au-delà en transcendance permanente, et qui va bien au-delà du domaine du mental physique relié à la terre, cela vous inspirera énormément. Cette inspiration incarne davantage de force, davantage de joie et un plus grand sentiment de satisfaction. Si vous pouvez penser consciemment à un autre monde —que nous appelons « l’Au-delà »—, si vous pouvez ajouter une nouvelle vue, une nouvelle dimension à votre course, vous réussirez sûrement mieux.

Courir un marathon en moins de deux heures

Comme j’aimerais que le vingt-et-unième siècle puisse confirmer ma prophétie que quelqu’un courra le marathon en moins de deux heures ! Je trouve très difficile de croire que notre capacité humaine soit limitée. Pour l’instant ( 1999 ), le record du marathon est de 2 : 06’. Il n’y a que six minutes à gagner sur 42 km ! Malheureusement, les hommes pensent toujours en termes de « Ma capacité, ma capacité. » Si seulement ces mêmes coureurs de classe mondiale pouvaient se dire : « Ma capacité vient de Dieu. Dieu court en moi et à travers moi, » et vraiment le croire, vous verriez des résultats surprenants. Il y a au moins vingt coureurs de marathon de classe internationale. S’ils pouvaient avoir ce genre de foi, vous entendriez en moins d’un mois que le record du monde a été pulvérisé.

Malheureusement, les athlètes ne sont pas tous des chercheurs de la hauteur la plus élevée. Sinon, pas un seul record dans le monde de l’athlétisme ne résisterait, pas même le 100 mètres. Pour moi, le record actuel du 100 mètres n’est pas un record. Ils peuvent facilement le descendre à 7 secondes de moins. Mais qui va me croire ? Aujourd’hui, je bavarde, mais un jour, depuis le Ciel, je verrai que mes prophéties se seront réalisées.

Tout repose sur la réceptivité.

Dans le monde de l’haltérophilie, si je devais utiliser ma capacité physique sans dépendre de la Compassion et de la Grâce inconditionnelles de Dieu, pensez-vous que je pourrais soulever plus de cinquante livres d’une seule main ? J’en doute fort. Que vous me croyiez ou que vous pensiez que j’exagère ma suffisance, je vous assure que je pourrais soulever un maximum de soixante livres de chaque bras, alternativement. Je ne suis capable de soulever plus de poids que parce que je dépends entièrement de la Grâce de Dieu.

Bien sûr, les champions du monde ne sont pas tous des chercheurs de la réalité la plus élevée. Mais s’ils pouvaient élever leur niveau un tant soit peu, ils pourraient accomplir beaucoup plus. Malheureusement, lorsque certains champions du monde accomplissent quelque chose d’extraordinaire, sur le plan extérieur, ils joignent les mains ou se prosternent à terre en levant les yeux au ciel, mais le font-ils sincèrement ?

Lorsque notre réceptivité augmente, Dieu augmente notre capacité. Avant cela, toutes les limites du corps viennent en avant et persistent indéfiniment à cause de notre mental d’ingratitude, notre cœur d’ingratitude et notre vie d’ingratitude. Nous devons ressentir que notre capacité provient de Dieu. Dieu a donné certaines capacités à chacun d’entre nous. Je peux ne pas être un coureur, mais quelqu’un d’autre peut l’être. Je peux être un chanteur et un autre ne pas l’être. Une personne qui veut augmenter sa capacité dans son domaine doit s’en remettre à Dieu et non pas à elle-même. Alors seulement verra-t-elle sa capacité devenir illimitée. Pour l’instant, notre capacité est limitée parce que nous pensons que nous faisons tout tout seul—nous faisons tel exercice et tel autre. Nous donnons quatre-vingt-dix-neuf pour cent de crédit à ce que notre mental nous dit et à ce que notre vie nous pousse à faire. Mais si nous pouvons donner cent pour cent de crédit à Dieu pour tout ce que nous faisons de bon et de positif dans notre vie, nos capacités deviendront illimitées.

Conseils donnés au champion marathonien Paul Tergat

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Paul Tergat

Sri Chinmoy rencontra le champion de marathon Paul Tergat quatre jours avant qu’il ne gagne le Marathon de New York en 2005. Sri Chinmoy partagea avec Paul Tergat sa prédiction que quelqu’un courrait bientôt le marathon en moins de deux heures, et son espoir que Tergat serait le premier. Il lui donna ensuite le conseil suivant :

Vous devez oublier que vous courez. Ce n’est pas Paul Tergat qui court. Quelqu’un d’autre, au nom de Dieu, court en vous et à travers vous. De cette manière, vos quatre minutes (au-dessus des deux heures) disparaîtront et vous serez capable de courir en-dessous de deux heures. Rien n’est impossible si vous essayez. Le mot impossibilité ne se trouve que dans le dictionnaire, mais pas dans le cœur, pas dans la réalisation de nos rêves. Le dictionnaire dit impossible. C’est le mental. Le mot est né de notre cerveau. Lorsqu’on entre dans le cœur, c’est une tout autre histoire. L’impossibilité n’existe pas. Si une volonté indomptable provenant du fond de nous-même nous dit de faire quelque chose, personne ne peut nous en empêcher. N’utilisez pas le mental. Un enfant n’utilise pas le mental. Il ne fait que courir, courir et courir, il n’est jamais fatigué. Si vous pouvez vous dire que vous êtes ce petit enfant de cinq, six ou sept ans, surtout pendant le dernier mile, cette énergie illimitée vous inondera. À ce moment-là, je vous en prie, soumettez-vous à la Volonté de Dieu, et soyez l’observateur. Observez celui qui court aussi vite et admirez cette personne. Le rêve d’aujourd’hui est la réalité de demain. Aujourd’hui, vous rêvez de quelque chose et demain, ce rêve deviendra réalité.

« Le conseil que Sri Chinmoy m’a donné avant le marathon de New York, de rester très concentré pendant le dernier mile, était tellement juste. Cette course a été absolument la plus dure de ma vie. Jusqu’au bout, on ne savait pas qui gagnerait le marathon.
Je crois qu’il y a une raison derrière la force que j’ai reçue dans ma vie d’athlète : c’est que j’utilise le sport dans une attitude juste et pour le bénéfice de ma vie intérieure. C’est grâce à cette force que j’ai pu continuer jusqu’à aujourd’hui. Sans cette force supérieure, j’aurais facilement pu dire : oui, j’ai battu des records du monde, j’ai bien couru, et j’aurais abandonné la course il y a cinq ans.
Les records existent pour être battus. J’ai, moi aussi, pris le record d’un autre. Cela veut dire que mon record ne durera pas éternellement. Il doit, lui aussi, être battu. Le sport devient vraiment un moyen de développement du monde. » Paul Tergat

L’ultra-running

Il n’y pas de limite à la distance parce qu’il n’y a pas de limite à la capacité humaine. La capacité humaine dépend de notre faim intérieure, de combien nous avons besoin sincèrement de quelque chose ou bien nous implorons quelque chose.

En osant simplement essayer et en ayant la foi, nous sommes tous vraiment sans limites.

Les courses de longues distances me rappellent notre course pour l’éternité

Les athlètes tirent un immense profit de ces courses de plusieurs jours. Ils vont au-delà de leurs capacités. Pour être heureux, nous devons toujours aller au-delà, encore au-delà, et toujours au-delà de nos capacités. Là, en courant, chaque coureur a une opportunité très particulière de dépasser ses capacités. La transcendance de soi est la seule chose dont un être humain a besoin pour être véritablement heureux. Ces courses aident donc énormément les coureurs même si extérieurement ils passent par de grosses difficultés. Au bout du compte, lorsque la course est finie, ils ont le sentiment d’avoir accompli quelque chose de très important.

Dans les mondes extérieurs, qu’il s’agisse d’une course de longue distance ou de courte distance, ou de saut, ou encore de lancer de poids, toutes les activités extraordinaires que nous accomplissons sur terre prouvent que dans les mondes intérieurs, cette capacité existe. Il suffit de l’utiliser. La capacité que nous apprécions, admirons et adorons peut se voir, se sentir et se trouver infiniment plus dans les mondes intérieurs.

L’inspiration que nous nous donnons ou que nous donnons au monde en exerçant notre extraordinaire capacité provient de l’aspiration du monde intérieur qui ne cesse de s’élever. Nos accomplissements sont destinés à manifester la divinité, pour s’ajouter à la réceptivité du monde extérieur, pour rendre un jour le monde extérieur prêt à accepter les capacités intérieures de l’amour, de la paix et de la béatitude en quantités infinies.

Comment persévérer dans une course de sept jours ?

Ne pensez pas du tout aux sept jours pendant que vous courez. Ne pensez qu’à un seul jour à la fois. Et puis, ne pensez même pas à un jour ; ne pensez qu’à sept heures. Puis, pendant quelques minutes, ne pensez qu’à une seule heure. Si vous pouvez mentalement diviser la course et la fractionner en parties distinctes, vous trouverez beaucoup plus d’énergie et beaucoup plus de joie en courant. Chaque fois que votre mental réduit la quantité de temps que vous avez à courir, vous gagnez une force et une vigueur intérieures immenses. Alors ne pensez pas à sept jours. Courez à votre propre rythme, mais divisez mentalement la course pour réduire les distances autant que possible. De cette manière, vous aurez toujours la force intérieure et vous serez capable de courir jusqu’au bout de la course.

Sans courage, la vie est un chemin sans progrès.

La Course « Transcendance de soi » de 3100 miles

Chaque été, une poignée d’athlètes d’élite courent la Course Sri Chinmoy de 3 100 miles qui se tient sur un parcours d’un demi mile autour d’un pâté de maisons dans le Queens, à New York. Il s’agit de la plus longue course à pied certifiée du monde ; les coureurs doivent courir une moyenne de près de 100 km par jour pour finir dans le temps limite de 52 jours, un incroyable défi. Les participants, parmi lesquels se trouvent des membres du Sri Chinmoy Marathon Team ainsi que d’autres ultra coureurs du monde entier, ont besoin d’un courage immense, d’endurance physique, de concentration et de capacité pour supporter la fatigue et les blessures mineures.

suprabha

Suprabha Beckjord, l’une des coureuses d’ultra marathons les plus endurantes du monde, a terminé la Course de 3 100 miles 13 fois, 13 années de suite. Au début de sa carrière, elle a gagné la Course Sri Chinmoy de sept jours cinq fois et a battu le record du monde pour les 1000 miles. Pendant la Course de 3 100 miles en 2000, Sri Chinmoy donna à Suprabha des conseils sur les qualités à invoquer pour l’aider à maintenir l’intensité de sa concentration intérieure :

Il n’y a pas d’ « intérieurement » et d’« extérieurement ». Si nous avons le sentiment qu’il y a une différence, quelle qu’elle soit, entre la vie intérieure et la vie extérieure, nous échouerons sans cesse. Il ne devrait y avoir aucune différence entre la vie intérieure et la vie extérieure, pas même une goutte de différence.

La question est de savoir quelles sont les qualités de votre vie intérieure à faire venir en avant lorsque vous courez ? La première est l’enthousiasme. Qui incarne l’enthousiasme ? Un petit enfant. Qu’y a-t-il de plus enthousiaste qu’un enfant ? Il entre dans un jardin et court à droite et à gauche, appréciant tout ce qu’il voit. Et puis, en plus de l’enthousiasme, vous avez besoin d’intensité. Là encore, qui a plus d’intensité qu’un enfant ? Lorsqu’il joue avec un jouet, il est tellement intense, le jouet représente le monde entier pour lui.

Pendant la course de 3 100 miles, il faut gérer la fatigue, lorsque vous êtes fatiguée, épuisée, morte. Tant que vous serez dans le mental, vous serez toujours fatiguée, épuisée, lasse. Mais dès que vous entrez dans le cœur, il n’y a pas de fatigue. Ce que vous y trouvez est une énergie constante.

Lorsque vous êtes dans le cœur, vous y trouvez des réserves constantes d’énergie et de douceur. Nous devons tous développer la douceur. La douceur n’est ni masculine ni féminine. On dit que seules les femmes peuvent avoir de la douceur et pas les hommes, mais la douceur n’est pas quelque chose de féminin ou de masculin. La douceur est une réalité qui nous fournit constamment de la nouveauté et de la fraîcheur.

En courant cette longue distance, vous voyez des centaines de voitures passer et tant de gens qui font du bruit. Mais dites-vous que ce n’est pas autour de ce pâté de maisons que vous courez ; vous courez simplement à l’intérieur de votre propre jardin-cœur où se trouvent de jolies fleurs, de jolies plantes et de beaux arbres. Si vous pouvez non seulement voir mais ressentir que chaque fois que vous faites un tour, vous ne faites que courir à l’intérieur de votre joli jardin-cœur, vous pourrez apporter de la douceur dans chacun de vos pas.

La surface sur laquelle vous courez est du béton. Lorsque vous courez en rond, au bout d’une heure ou deux, ou au bout de quelques jours, cette matière solide que vous avez l’impression de frapper à chaque pas commence à frapper votre mental. Vous commencez à vous dire : « C’est tellement dur. Je dois faire soixante miles chaque jour », et puis vous vous dites encore ceci, et puis cela. Mais qui compte les miles ? C’est le mental. Le mental dit : « Ô mon Dieu, aujourd’hui je dois courir soixante miles et je n’en ai même pas fini vingt ! » Là vous êtes achevée. Le mental, votre pire ennemi, vient vous torturer.

Mais le cœur, lui, ne compte pas les miles. Le cœur ne fait que courir, courir, courir. Et puis à la fin d’une session, le cœur dit : « Maintenant, voyons combien de miles j’ai fait ! » À ce moment-là, vous avez peut être fait déjà quarante miles. Le cœur ne calcule pas. Le mental compte d’un à deux, de deux à trois, de trois à quatre et ainsi de suite. Le mental essaie d’aller vers sa destination en découpant, découpant, et découpant encore. Mais le cœur essaie de voir et de sentir le point de départ et le point d’arrivée en même temps. Pour le cœur, la destination n’est pas ailleurs. La destination n’est ailleurs que pour le mental. Dans le cœur, le point de départ et la ligne d’arrivée vont ensemble. Si vous pouvez imaginer que vous êtes un enfant de cinq ou six ans, la fatigue ne vous viendra pas à l’esprit. Un enfant ne sait pas ce qu’est la fatigue. Il ne connaît que l’enthousiasme et l’intensité. Ne pensez jamais à 60 miles ou à 3 100 miles. N’abordez jamais la distance de cette manière, jamais ! Courez simplement pour la joie de courir.

Lorsque vous pensez à la longue distance, essayez d’imaginer que c’est comme un jeu avec lequel vous pouvez jouer. Ne pensez pas à la distance comme quelque chose que vous allez couvrir. Ne pensez pas que vous allez être fatiguée, épuisée, ou que vous allez mourir. Vous devez prendre la course comme un jeu que vous aimez jouer. Imaginez que vous jouez à un jeu que vous aimez. Ne ressentez pas que vous courez une telle distance et que vous êtes fatiguée chaque jour. Non ! La fatigue est suivie par la tristesse, et ensuite vous n’êtes pas bien.

Chaque jour, quand vous sortez pour courir, essayez de voir la nouveauté, la nouveauté, la nouveauté. Pensez tout le temps au jardin-cœur. Lorsque vous marchez ou que vous courez dans un jardin, vous n’êtes pas fatiguée grâce à la beauté et au parfum des fleurs. Tout est charmant, tout est inspirant. Lorsque vous pensez à la rue, il n’y a que des lions qui rugissent de part et d’autre dans un bruit assourdissant. Mais en courant dans votre propre jardin-cœur, vous trouverez un sentiment tellement doux. C’est votre jardin, vous en êtes la patronne.

Lorsque votre mental agit avec force, vous n’êtes pas la patronne. Votre patron est le doute de soi, la critique de soi, la peur, le souci et l’anxiété. Vous ne cessez de vous demander : « Est-ce que je vais réussir à finir cette course ? » Ces mauvaises forces deviennent votre patron. Mais lorsque vous courez dans votre cœur, il n’y a aucun problème. Considérez-le toujours comme un jardin, et non pas comme une rue, comme un grand pâté de maisons.

Ne courez pas avec le mental. Lorsque vous courez, si vous pouvez vous dire que quelqu’Un court dans votre cœur ou que votre cœur court, ou encore que vous courez avec votre cœur, toute fatigue disparaîtra, la force de la distance disparaîtra. Seule la force de l’unité, l’unité, l’unité avec la Volonté de Dieu apparaîtra.

Carl Lewis, le champion intérieur : rencontre avec Sri Chinmoy

Extraits de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy, aux Editions La Flûte d’Or

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Carl Lewis et Sri Chinmoy à Houston, USA, 1998

Carl Lewis (États-Unis), né le 1er juillet 1961, devint l’une des plus grandes stars de l’athlétisme de tous les temps. Sa carrière couvre les années 1979 à 1997 et comprend neuf médailles d’or olympiques et une d’argent. Sa performance aux Jeux Olympiques de 1984 lui rapporta quatre médailles d’or dans le 100 mètres, 200 mètres, saut en longueur et le relais quatre fois 100 mètres- un accomplissement égal à celui de Jesse Owens aux Jeux Olympiques de 1936.

1ère rencontre

Carl Lewis rencontra Sri Chinmoy pour la première fois le 11 novembre 1983 ; ses recommandations et ses conseils pratiques l’on aidé tout au long de sa carrière olympique. De même que Sri Chinmoy devint son entraîneur intérieur pour la concentration et la méditation, il devint l’entraîneur extérieur de Sri Chinmoy pour le sprint. Après sa carrière olympique, ils ont conservé une très grande amitié.

Ma relation avec Sri Chinmoy a débuté sur le plan spirituel parce qu’il était tellement puissant, tellement aimant, positif et inspirant. Notre rencontre a été un événement positif qui m’a aidé dans mes relations, notamment avec mon club et mes coéquipiers. Plus tard, il m’a inspiré à continuer, en tant qu’athlète. Lorsque j’ai vu Sri Chinmoy soulever des poids, soulever des voitures à son âge, j’ai ressenti que je devais évoluer en tant que personne et en tant qu’athlète.

« J’ai lu beaucoup de choses, mais il y a une chose en particulier qui reste imprimée dans mon esprit, c’est la manière dont Sri Chinmoy dit toujours qu’il faut aller de l’avant, être en avant. J’ai la chance de voir cela parce que comme athlète, j’ai eu des moments merveilleux et des moments difficiles. Mais tant que nous restons concentrés devant nous, nous sommes toujours capables de faire ce que nous avons à faire dans la vie. »—Carl Lewis

Au début de la saison olympique de 1984, Carl Lewis rencontra Sri Chinmoy pour apprendre la concentration et la méditation.

Carl Lewis : Je vous disais que la concentration et la méditation m’ont toujours été étrangères. Je ne pensais pas que je pouvais m’asseoir, méditer et être totalement détendu. Qu’est-ce qui prépare le chemin pour la vie intérieure ?

Sri Chinmoy : Pour trouver l’homme intérieur, vous devez marcher sur la voie du cœur où se trouve le véritable amour, la véritable paix, la véritable lumière et la véritable félicité. Ce dont vous avez besoin maintenant, c’est de la méditation. Si vous n’aviez pas votre force de concentration, vous ne seriez jamais devenu l’homme le plus rapide. Vous avez cette force. À chaque instant, j’observe le pouvoir de votre concentration dans votre vie. Mais maintenant, vous devez développer le pouvoir de la méditation, qui est la paix infinie. Si vous méditez régulièrement, vous gagnerez assurément le pouvoir de la méditation, comme le pouvoir de concentration.

La concentration nous donne la victoire. Mais la méditation nous donne la joie et la confiance. Après avoir atteint la victoire, une forme de peur peut entrer dans notre esprit, une peur de peut-être ne pas avoir autant de chance le lendemain. Aujourd’hui vous avez gagné ; vous êtes tellement heureux. Mais quelques minutes plus tard, il se peut que vous pensiez : peut-être que Calvin Smith fera mieux au prochain meeting. Peut-être qu’après-demain, je ne serai pas aussi performant. Même lorsque la concentration apporte la victoire, vous avez toujours peur de ne pas être aussi performant, ou d’être dépassé par quelqu’un. Il est donc très important d’avoir la puissance de la méditation, qui empêchera le doute de vous attaquer et de vous dérober votre joie. Lorsque vous gagnez avec le pouvoir de la méditation, vous avez gagné pour l’humanité, et cette victoire dure pour toujours.

Préparation pour les Jeux Olympiques de 1984

Sri Chinmoy envoya ce message à Carl Lewis le 18 février 1984, à une période où le champion athlétique rencontrait quelques difficultés dans les épreuves de stade.

Quand vous courez, essayez de ressentir que vous êtes pourchassé plutôt que tiré en avant par quelque chose ou quelqu’un. De cette manière, vous irez plus vite. Si quelqu’un vous pourchasse, votre vitesse sera plus rapide que si quelqu’un se tenait devant vous, et vous tirait vers lui avec une corde. Si vous ressentez qu’un aimant vous tire vers la ligne d’arrivée, vous courez vite ; mais vous courrez plus vite si vous ressentez que quelqu’un vous pourchasse et si vous courez pour sauver votre vie. Imaginez qu’un tigre féroce galope juste derrière vous et qu’à tout instant il peut vous dévorer. Vous connaissez la rapidité d’un tigre ! Alors vous courrez pour votre vie si précieuse et vous courrez au plus vite.

Reprise de confiance pour les JO de 1988

Conversation de Sri Chinmoy avec Carl Lewis le 3 mars 1988 .

En ce qui concerne le saut en longueur, ressentez toujours que vous avez la possibilité de devenir le champion olympique. Ne vous laissez pas intimider, ne serait-ce qu’une seule seconde, par l’idée : «  Peut-être ne le serai-je pas. »  Ce peut-être doit disparaître totalement de votre esprit. En fait, ressentez que vous l’avez déjà fait. Chaque fois que vous faites un essai au cent mètres ou au saut en longueur, ressentez que vous l’avez déjà fait. Vous courrez alors avec cette forme de confiance, et vous sauterez avec cette forme de confiance. Ne pensez pas, ne serait-ce qu’une seconde, aux autres coureurs, aux autres sauteurs. Non, non ! Vous n’avez pas le temps de penser aux autres ni d’entendre parler d’eux. Ce n’est pas que vous ne les aimez pas. C’est simplement qu’à chaque fois que vous pensez à eux ou que vous en entendez parler, très souvent des pensées désagréables ou distrayantes vous assaillent. Alors ne pensez pas aux autres. Ressentez simplement que vous êtes vous-même votre propre rival le mieux placé.

J’ai tellement confiance en vous. Mon souhait le plus cher serait que vous ressentiez cette confiance en vous-même lorsque vous courez et sautez, parce que vous devez savoir que votre confiance est votre vitesse la plus rapide ; votre confiance est votre plus long saut. Et cette confiance apparaîtra au grand jour grâce à votre vie de prière et votre vie de méditation. Chaque fois que vous priez et méditez, ressentez simplement que vous vous transcendez. Et une fois que vous aurez commencé à vous transcender, personne ne pourra arriver à votre niveau. Vous serez toujours à votre hauteur suprême.

2 ou 3 heures d’entraînement et 5 minutes de méditation matin et soir

Chaque jour, vous passez deux ou trois heures à vous entraîner en course et en saut. Si chaque jour, vous pouvez également prier et méditer ne serait-ce que cinq minutes le matin et le soir et, si possible, à midi aussi, cela vous aidera beaucoup. La prière est votre force intérieure et votre puissance intérieure, et cette puissance intérieure est infiniment plus forte que n’importe quelle force extérieure.

Quand je regarde le poids de sept-mille livres que j’ai soulevé, je suis le premier à ne pas croire ce que j’ai fait. Si j’utilise mon mental, je serai moi-même celui qui doute le plus de moi. Mais je sais que c’est le Suprême en moi qui l’a fait parce qu’Il a voulu S’exprimer de cette manière en moi et à travers moi. Dans votre cas, c’est exactement la même chose. Vous ne le voyez pas parce que vous n’avez pas encore la vision intérieure qui vous permet de voir l’invisible. Mais lorsque nous développons notre vision intérieure, nous voyons bien que Dieu qui est infini, éternel et immortel, progresse Lui-même en nous et à travers nous. À chaque instant, Il n’a qu’une seule hâte, c’est de nous aider. Malheureusement, nous ne nous reposons tout le temps que sur nos propres capacités. Nous pensons pouvoir tout faire, mais les capacités que nous avons sur le plan physique ne nous aident pas toujours. En devenant Son instrument et en Lui permettant de Se manifester en nous et à travers nous, nous recevrons aussitôt une immense confiance.

Chaque fois que vous venez, je vous offre mon sentiment d’unité sous la forme de conseils, mais je vous en prie, ressentez que mon affection et ma sollicitude pour votre succès est sans limites, sans limites, sans limites. Ainsi, où que vous  alliez – que ce soit au Texas, en Allemagne ou ailleurs – je vous en prie, priez trois fois par jour avec une ferveur intense. Il est particulièrement important de le faire avant les Jeux Olympiques. C’est comme pour un élève. L’élève étudie toute l’année, mais avant l’examen, il travaille dur, très dur, le plus dur – avec plus de diligence, plus de ferveur qu’avant.

Carl Lewis : J’aimerais simplement vous dire que c’est une période spéciale et une année spéciale pour moi. Je crois vraiment que c’est une année qui me fera mettre en œuvre tous les outils dont je dispose pour être le meilleur. Je veux faire plus que vous remercier pour la motivation que vous me donnez, pour votre compréhension constante de mes besoins  et leur satisfaction, et enfin pour me donner de l’énergie quand j’en ai besoin.

Sri Chinmoy : La vie extérieure est limitée mais la vie intérieure est sans limites ; l’énergie intérieure qui provient de la Source est sans limites. En même temps, la vie extérieure peut aussi devenir illimitée, si elle établit son unité inséparable avec la vie intérieure. Vous parliez à l’instant de l’énergie. Cette énergie est inépuisable ; elle est sans naissance et sans mort. Mais il n’y a qu’une seule manière d’accéder à cette énergie : par la prière et la méditation. Il n’y a pas d’autre manière. Pour accomplir quelque chose de concret dans la vie, il peut y avoir plusieurs manières de le faire. Mais s’il s’agit de quelque chose de vraiment significatif, de durable, d’éternel – un succès, un progrès importants, ou encore une gloire importante que vous voulez offrir à Dieu – vous devez alors faire venir en avant cette énergie intérieure. Dans le monde intérieur, elle est à notre disposition, mais la plupart des gens ne prennent pas la peine de la faire venir en avant. Ceux qui le font sont capables d’offrir quelque chose de très spécial à la fois à l’humanité et à la divinité.

Je suis très, très content que vous ayez fait de la vie intérieure une partie intégrante de votre existence. Alors je vous en prie, je vous en prie, priez et méditez chaque jour – seulement cinq minutes le matin et le soir et, si possible également à midi. Ce que je vous demande, c’est de plonger profondément en vous, et de faire venir en avant votre énergie illimitée de votre vie de prière. Le succès vous appartiendra entièrement.

La finale du 100 mètres aux JO de 1988

Sri Chinmoy se rendit à Séoul en Corée, pour voir Carl Lewis disputer les Jeux Olympiques de 1988. Il le rencontra à Séoul le 25 septembre, le lendemain de sa défaite à la finale du cent mètres. Dans une course épique, Carl Lewis, le champion en titre du cent mètres, fut défait par Ben Johnson. Comme l’année précédente à la finale du championnat du monde à Rome, Carl Lewis fut ébranlé par le départ fulgurant de Ben et il lui jeta à trois reprises un coup d’œil, n’en revenant pas de ce départ rapide, énorme. Johnson gagna en 9,79 secondes, un nouveau record du monde, alors que Carl Lewis fit un temps de 9,92 secondes. Trois jours plus tard, Johnson fut testé positif aux drogues, sa médaille lui fut confisquée,  Carl Lewis reçut la médaille d’or et fut crédité d’un nouveau record olympique.

Sri Chinmoy : Maintenant, s’il vous plaît, dites-moi, pourquoi vous – un champion du monde- avez jeté un coup d’œil à votre droite au bout de 75 mètres ? Même un débutant, un novice, aura reçu la recommandation de ne pas faire cela . C’est une erreur vraiment déplorable ! J’étais tellement triste quand je vous ai vu le regarder. Au départ, votre but était devant vous, et ensuite, vous avez changé votre but. Il est devenu votre but au lieu de la ligne d’arrivée. Vous avez une telle détermination, une telle volonté de pouvoir que vous auriez pu aisément batailler jusqu’à la fin. Mais au lieu de cela, vous n’avez pas maintenu votre volonté inébranlable, et au bout de soixante-quinze mètres, vous avez abandonné. Comment cela a-t-il pu se passer ?

Carl Lewis : Je n’ai pas d’explications. Lorsque j’ai vu qu’il était tellement loin devant, j’ai été choqué pour la première fois. Vous avez raison.

Sri Chinmoy : Je vous le dis, jusqu’au tout dernier moment, rien n’est décidé. Dans la boxe, il y a douze rounds. Même si quelqu’un mène aux points après le onzième round, vous pouvez encore le mettre KO dans le douzième round. Et c’est fini ! Si vous le mettez KO, les points ne comptent pas. De la même manière, peu importe la distance qui vous sépare d’un coureur devant vous, la seule chose qui compte, c’est celui qui va toucher le ruban le premier. L’objectif n’est gagné qu’à ce moment là. Disons qu’il a remporté les premiers rounds. Mais ces rounds ne veulent rien dire. Si vous êtes déterminé à l’achever dans le dernier round, alors pourquoi vous inquiéter des tous premiers rounds ?

Je dis tout cela pour convaincre votre mental. Peu importe de combien de mètres votre adversaire vous précède, dès que vous le regardez, vous entrez dans sa conscience et vous perdez votre propre conscience. Vous êtes surpris et choqué qu’il soit devant vous. Mais quand vous êtes choqué, vous invoquez une sorte de force qui entre en lui et l’aide. Alors que si vous ne pensez qu’à votre but, alors vous entrez dans la conscience de Dieu et Dieu vous aide. C’est comme ça. Lorsque vous pensez à votre adversaire – même si c’est pour vous demander comment vous allez le battre – une petite portion de votre détermination va vers lui et s’additionne à sa capacité. Mais si vous ne pensez qu’à votre but, alors Dieu vient augmenter votre détermination.

C’est facile pour moi de parler mais je souhaite simplement vous exprimer ma sympathie, et vous rappeler que la prochaine fois, même si quelqu’un vous devance de quatre mètres, cette personne n’est pas le but. Votre but reste la ligne d’arrivée.

La terre a un cœur

Le 24 juin 1989, alors que Carl Lewis était à Paris pour des rencontres athlétiques importantes, Sri Chinmoy se trouvait également à Paris pour donner un Concert de Paix. Carl Lewis se souvient d’une conversation qu’il eut avec Sri Chinmoy lorsque le maître spirituel lui rendit visite à son hôtel

Carl Lewis :  Jusqu’à aujourd’hui, je pensais que j’avais entendu toutes les excuses possibles pour avoir couru une mauvaise course, échoué dans nos expectatives ou simplement raté un record du monde. Mais ce matin-là, j’entendis une nouvelle explication : la Terre avait un cœur, et notre équipe de relais n’avait pas été suffisamment longtemps en France pour pouvoir ressentir ce cœur et se sentir bien avec lui avant la course.

L’explication venait de Sri Chinmoy, qui était à Paris pour une nouvelle tournée pour promouvoir la paix mondiale. J’ai été content quand j’ai entendu qu’il était là, parce qu’il souhaitait rencontrer mes coéquipiers et c’était là une bonne occasion. Dans le hall d’entrée de notre hôtel, Joe Deloach, Floyd Heard, Leroy Burrell et moi-même avons rencontré Sri Chinmoy. Il fut étonné d’apprendre que nous étions arrivés un seul jour avant notre course.

« Cela explique pourquoi vous n’avez pas remporté le record du monde », dit Sri Chinmoy, égrenant ses mots lentement, ses yeux s’ouvrant et se fermant comme il parlait, sa tête légèrement penchée comme s’il se concentrait sur ses pensées.  « La Terre a un cœur. Toute chose a un cœur, un esprit et un cœur. Quand vous prenez un avion pour venir ici, vous devez passer suffisamment de temps sur le terrain pour en ressentir le cœur. Oui, c’est important. Et vous avez manqué le record que de très peu. Dans un lieu nouveau – vous devez comprendre cela – vous devez être sur le sol bien plus tôt que le jour où vous courez.»

J’ai souri et hoché la tête, ayant l’habitude de la manière dont Sri Chinmoy expliquait les choses. Mais mes coéquipiers étaient un peu stupéfaits. Ils n’ont pas dit grand chose à Sri Chinmoy. Ils se sont contentés d’observer.

Sri Chinmoy m’offrit un gâteau d’anniversaire, une semaine plus tôt que mon anniversaire, mais il tenait à ce que je le reçoive. Sri Chinmoy  nous souhaita bonne chance pour le reste de notre voyage, et puis ce fut tout.

De retour dans ma chambre, Joe, Floyd et Leroy tombèrent d’accord sur un résumé en un seul mot de ce qu’ils venaient de voir : « Intéressant. »

Avant d’aller à Tokyo en août 1991 pour les championnats du monde, Carl Lewis dit à Sri Chinmoy : « Je vais suivre votre conseil et m’y rendre deux semaines plus tôt. » À ces jeux, Carl Lewis établit un nouveau record du monde en 9,86 secondes pour cent mètres à un âge exceptionnellement tardif ( pour un sprinter ) de trente ans.

Carl Lewis offrit sa victoire, ce nouveau record du monde, à son père Bill qui était décédé un an plus tôt. À son retour en Amérique, Carl Lewis, accompagné de sa mère et de sa sœur, rendit visite à Sri Chinmoy à New York. Sri Chinmoy les reçut avec les mots suivants :

« Je suis tellement fier de vous parce que vous avez offert votre victoire à votre père. C’est la preuve que vous croyez en l’esprit. Un être humain ordinaire dirait, « Oh, mon père n’est plus là. » Mais vous avez maintenu une connexion intérieure si forte, si puissante avec le cœur de votre père. Cela signifie que vous avez maintenu la liaison entre la Terre et le Ciel.

Votre cœur attire de la force cosmique, de l’énergie cosmique, de la lumière cosmique d’En-Haut. Vous avez plusieurs amis intérieurs, mais ils sont invisibles. Je les appelle des forces divines. Elles travaillent avec tant de force et de succès en vous et à travers vous. Lorsque vous sautez ou courez, il y a tant d’énergie cosmique, de lumière cosmique et de pouvoir cosmique qui viennent s’ajouter à votre capacité physique et vous aident. Vous ne pouvez voir ces capacités invisibles que si vous utilisez l’œil intérieur, le troisième œil. En utilisant votre œil intérieur, vous verrez que vous avez beaucoup d’amis qui meurent d’envie de vous aider. C’est parce que votre victoire est leur victoire, tout comme leur victoire est votre victoire. Mais si vous ne voulez dépendre que de l’aide terrestre, cette aide intérieure ne vient pas à vous. »

 

Le voyage mystique de Sri Chinmoy dans le monde de l’haltérophilie

Extrait de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy.

 

1500-calf-raise-copyLa force intérieure

Il y a un très grand nombre de personnes sur terre qui ne croient pas en la puissance intérieure ni en la vie intérieure. Ils pensent que la force extérieure et la vie extérieure sont tout ce qui compte. Je ne suis pas de leur avis. Il y a une vie intérieure ; il y a un esprit et ma capacité de soulever ces poids lourds prouve qu’il peut agir également dans la matière.

Dans ma vie, la course n’a pas d’égale ; elle est incomparable. Le soulever de poids n’a jamais été mon fort. Dès mes plus jeunes années, je n’ai pas aimé le culturisme et l’haltérophilie. J’étais un sprinter et un décathlonien, et je ne m’intéressais absolument pas à l’haltérophilie. C’était quelque chose de totalement étranger pour moi. Mais l’année dernière (1985), j’ai commencé à soulever des poids parce que j’en ai ressenti l’ordre intérieur. À une personne qui prie et médite sincèrement, quelqu’un en lui parle et lui dit quoi faire et ne pas faire. Vous utilisez le terme de « Dieu », moi, je l’appelle mon « Pilote intérieur ». J’écoute toujours les ordres de mon Pilote intérieur et Il m’a demandé d’entrer dans le monde de l’haltérophilie. Ça, c’est la raison principale, la raison intérieure qui m’a fait commencer l’haltérophilie.

Mon but

La gloire et la renommée, ce que la plupart des gens recherchent, ne sont pas mon objectif. Je ne veux que manifester la Volonté de Dieu, pour démontrer que l’esprit peut se manifester dans le corps et à travers le corps. Mon but n’est pas de devenir un culturiste ou un haltérophile du plus haut niveau. Si ce que je fais est considéré sans précédent, tant mieux. Mais je ne poursuis pas un record mondial en tant que tel. Je ne cherche pas à tout prix à battre un record du monde —loin de là ! J’essaye de me transcender. Ensuite, cela dépendra de la Volonté du Suprême si je fais un peu mieux que d’autres. Je veux augmenter mes capacités, je veux aller plus loin, toujours plus loin, pour inspirer d’autres à en faire autant.

Faire descendre la lumière dans l’inconscient

En soulevant des poids lourds, j’accomplis parfois quelque chose de vraiment important sur le plan physique : il s’agit de faire descendre la lumière dans l’inconscient. Le mental n’est rien d’autre que de l’inconscient et faire descendre de la lumière dans la matière est une tâche des plus difficiles. L’entrée de la lumière dans l’inconscient est un accomplissement suprême pour l’humanité parce que l’inconscient se bat toujours contre la lumière.

Avec la force de ma prière et de ma méditation, j’ai été capable de construire ma force et d’accomplir quelque chose en 15 mois, ce qui autrement m’aurait pris 30 ou 40 ans à réaliser. Ou peut-être n’aurais-je jamais été capable du tout de faire tout cela. Mon message est donc le suivant : si l’on a besoin de force, la manière la plus rapide et la plus efficace de l’obtenir est de trouver sa force intérieure à travers la prière et la méditation. Je n’ai pas le monopole de la force intérieure. Tout le monde la possède ; il suffit de la faire venir en avant. La force physique, en comparaison avec la force spirituelle n’est rien, absolument rien.

Progression du soulever d’un seul bras

Sri Chinmoy fit des progrès spectaculaires dans le soulever d’un seul bras, passant de 40 livres en juin 1985 à plus de 7 000 livres (3 175 kg) un an et 7 mois plus tard. Au début, au bout de trois mois, il avait augmenté son soulever de 60 livres (27 kg) , puis ajouté 600 livres (272 kg) dans les deux mois suivants. Moins de quatre semaines plus tard, il soulevait 2 000 livres, (90 kg) puis 3 000 livres (1 360 kg) deux mois plus tard. Enfin, dans une explosion finale, pas plus de dix jours plus tard, il fit bouger un haltère de 7 000 livres (3 715 kg) du bras droit.

Prenons une personne qui peut soulever 60 livres (27 kg) avec sa seule force musculaire. Si cette même personne prie et médite pendant quelques minutes avant de soulever, il aura la force, non seulement de son corps, mais également de son mental et de son vital. Pour l’instant, il ne s’aide que de son physique. Il ne reçoit pas de détermination intérieure du vital ou de cette immense puissance de volonté que l’on trouve dans le mental. Il n’est même pas conscient de ces choses. Mais dès qu’il priera et méditera, il ressentira immédiatement que son mental possède une énorme puissance de volonté, une énorme puissance de concentration. Quand il pensera à son vital, il le verra plein de détermination. Et son corps sera plein d’énergie. Il sentira toutes ces bonnes qualités lorsqu’il priera et méditera. Il ressentira que son vital, son mental, son cœur et son âme sont tous des amis de son corps, et il gagnera leur aide. Lorsqu’on a des amis, ces amis viennent nous aider en cas de besoin. Le soulever de poids devient évidemment bien plus facile.

J’essaie d’inspirer les gens qui ne prient pas

J’essaie d’inspirer les gens qui ne prient pas et ne méditent pas. Je leur dis que tout le monde a un vital, tout le monde a un mental, tout le monde a un cœur, tout le monde a une âme. Mais ils n’utilisent pas ces membres de leur famille intérieure comme moi. Si je ne devais dépendre que du physique, je ne pourrais pratiquement rien faire. Je peux soulever ce que je soulève parce je m’aide de la force que j’ai au fond de moi. Mes amis sont le vital, le mental, le cœur et l’âme, et ils m’aident de l’intérieur. Ils sont mes amis intérieurs. Alors je dis à tous ceux qui ne sont pas encore conscients de leur vie intérieure que la force intérieure est quelque chose de réel. Ils pourront augmenter énormément leur capacité s’ils prennent aussi l’aide de leurs amis intérieurs.

Je m’efforce de rendre service d’une manière ou d’une autre à ceux qui veulent faire un pas en avant. Ils n’ont pas besoin de soulever deux mille livres, mais ils recevront peut-être l’inspiration que j’offre et feront l’effort de faire quelque chose dans leur vie qu’avant, ils pensaient être trop difficile, voire impossible à faire. Dans n’importe quel domaine, ils peuvent être inspirés à faire quelque chose mieux qu’ils ne l’ont fait jusqu’alors.

Mon physique n’est pas celui d’un haltérophile

On voit que mon physique n’a rien à voir avec celui des culturistes professionnels. Leurs biceps font 55 cm tandis que les miens en font à peine 35 cm, et leurs mollets font 45 à 50 cm alors que les miens en font 34. Et pourtant, je peux soulever des poids que beaucoup d’entre eux ne peuvent soulever. Qu’est-ce que cela prouve ? Cela prouve que l’esprit intérieur, ou la puissance mentale et psychique peut être d’une grand aide au corps lorsqu’ils sont mis en avant. Sinon mon corps physique ne pourrait jamais soulever ce genre de poids. Ce sont ma vie de prière et ma vie de méditation, qui, par la Grâce de Dieu, me permettent de faire cela.

Je donne cent pour cent de crédit à ma vie de prière et à ma vie de méditation. Dans mon cas, il ne s’agit pas de 99,50 pour cent ni de 99,75 pour cent, mais bien de 100 pour cent. Lorsque j’ai soulevé le poids de mon corps du bras gauche, puis du bras droit, je sais que si mon Guide intérieur ne m’avait pas protégé, je l’aurais lâché ou je n’aurais même pas pu le soulever. Dans tout ce que je fais, je dépends de Sa Grâce, de Sa Compassion et de Sa Protection.

Si Dieu nous accorde Sa Compassion de par Son infinie Bonté, y a-t-il quoique ce soit que nous ne puissions faire ? Je suis une goutte, mais dès l’instant où j’entre dans l’océan, je deviens l’océan. De même ma volonté finie, ma capacité finie ne sont pratiquement rien, mais dès l’instant où je m’identifie avec la Volonté infinie de Dieu, je suis capable d’accomplir tellement. Sinon, comment pourrais-je même imaginer soulever de tels poids à mon âge ? Je serais le premier à en douter. Mais par ailleurs, je sais que je ne l’ai pas fait, ce n’est pas moi qui l’ai fait. Qui l’a fait ? C’est Dieu, mon Pilote intérieur. Il est infini, éternel et immortel. Pour Lui, c’est facile de faire ce genre de choses. Je lui accorde 100 pour cent de crédit pour tout ce que je fais. Je sais ce que je peux faire : je ne peux rien faire. J’ai écrit des milliers de poèmes, composé des milliers de chants et peint des milliers de peintures, mais je sais que c’est Sa Grâce inconditionnelle qui m’a permis à chaque instant de faire ces choses. Je ne les mérite pas. Je sais qu’il y a plein de gens infiniment plus talentueux que moi, mais par Son infinie Compassion, Il m’a choisi.

Dans le monde du culturisme et de l’haltérophilie, regardez les biceps et les triceps des champions. Comme ils sont énormes ! Mais lorsqu’il s’agit de soulever des poids, peut-être n’invoquent-ils pas la Puissance supérieure, la Puissance suprême.

« À l’âge de 73 ans, il fait des choses que je ne pouvais même pas faire lorsque j’étais au mieux de ma forme ou que je n’aurais même pas tenté de faire à l’époque, et que je ne tenterai certainement pas maintenant. Il a eu recours à un Être bien supérieur qui l’a aidé à accomplir ce qu’un culturiste moyen n’a jamais pu faire. Ce sont ses exploits de force, combinés à son amour qui ont eu un tel impact sur le monde. »—Bill Pearl (USA), Cinq fois Mr. Universe, Homme le mieux bâti du Vingtième Siècle

Je prie et je médite afin d’établir mon unité avec chaque être humain du monde entier. Mon soulever de poids repose entièrement sur l’unité de mon cœur avec le monde. La force physique n’égale pas et ne peut égaler la force de l’unité du cœur.

Nous parlons de paix, mais parler de paix n’est pas la réponse. La réponse est dans l’incarnation de la paix. La réponse est dans la révélation de la paix. La réponse est dans l’offrande de la paix au monde entier. Nous devons commencer par incarner la paix, puis la révéler et l’offrir au monde entier. Voilà ce que j’essaye de faire avec mon soulever de poids.

Défier l’impossible

Lorsqu’on vit dans le cœur, l’impossible n’existe pas.

L’impossible est un mot que l’on peut trouver dans le dictionnaire. Mais ce mot, nous ne le trouvons pas dans le dictionnaire de notre cœur. Notre cœur ne reconnaît pas ce genre de mot. Dans notre cœur, nous élargissons constamment notre propre réalité et nous grandissons du fini à l’infini. Là, ce que nous rêvons aujourd’hui devient la réalité de demain.

Il y a la réalité du mental et la réalité du cœur. Lorsque nous vivons dans la réalité du mental, nous nous séparons constamment des autres. Nous ne chantons qu’un seul chant ; moi et mien. Nous ne connaissons qu’une seule vérité : la vision. Lorsque nous vivons dans le cœur, nous nous développons constamment par la force de notre unité avec tout ce qui se trouve autour de nous. Il n’y a pas de division dans le cœur ; tout n’est que multiplication. À chaque instant, nous multiplions nos capacités et notre divinité intérieures.

Si je demande à mon mental si je peux soulever sept mille livres, il me répondra aussitôt : « impossible ! »  Je n’ai besoin de personne d’autre pour douter de mes capacités. Mon propre mental est de loin le meilleur sceptique. Il fera le travail mieux que quiconque. Mais lorsque je suis dans le cœur, avec le cœur et pour le cœur, l’unité du cœur ne laisse aucune place à l’impossibilité. Lorsque je suis dans le cœur, je m’identifie avec chaque être humain sur terre. Si d’innombrables êtres humains sont avec moi et pour moi, soulever sept mille livres n’est pas une tâche difficile. À travers ma prière et ma méditation, je peux étendre mon amour à tous mes semblables du monde entier et entrer dans la Conscience Universelle. Pour la Conscience Universelle, soulever 7 000 livres  ( 3 175 kg ) est une bagatelle. Cela revient à soulever un grain de sable.

Nous prions et méditons pour ne pas rester dans la réalité mentale qui nous divise constamment. Nous voulons uniquement rester dans la réalité du cœur qui revendique le monde entier comme sien. En restant dans le cœur et en chantant le chant de l’unité universelle, nous pouvons tout accomplir. La capacité de notre cœur transcende de loin la capacité de la science. Notre vie de prière et notre vie de méditation peuvent nous emporter loin, loin au-delà du domaine de la capacité scientifique.

La toute première chose que je fais avant de soulever des poids importants, c’est rendre mon mental absolument calme et silencieux. Un mental complètement silencieux, c’est là ma clé secrète et sacrée pour réussir et progresser. Une fois que l’esprit est en paix, l’impossibilité n’existe plus.

Avant de soulever, je ne pense pas du tout parce qu’en général, la pensée affaiblit. Lorsqu’on soulève des poids lourds, on a besoin de puissance de concentration. Prenons un exemple : je suis dans ma chambre et j’entends frapper à ma porte. Je n’ai aucune idée si ce sont des amis ou des ennemis. Alors que fais-je ? Je me dis : « Je vais d’abord terminer ce que j’ai à faire. Si mes visiteurs sont mes véritables amis, ils attendront. Si ce sont des ennemis, ils diront : « C’est indigne de nous de perdre notre temps précieux ici » , et ils partiront. Par contre, mes bons amis seront compréhensifs et se diront : « Il a peut-être quelque chose d’important à faire et c’est pourquoi il n’ouvre pas la porte. » Et ils m’attendront indéfiniment. »

Lorsque je soulève des poids lourds, je ne permets à aucune pensée, bonne ou mauvaise, d’entrer en moi. Je prie simplement pour la Grâce de Dieu et puis je me soumets à Sa Volonté. Je joins les mains et dis : « Je voudrais devenir Ton instrument fidèle et dévoué. » La puissance humaine est tellement limitée : seule, elle ne peut soulever que quelques livres. C’est la Puissance divine qui se trouve en moi et que je fais venir en avant grâce à ma vie de prière, qui m’a permis de passer de 40 à 7 000 livres.

Nous devons croire en une Puissance plus élevée. Si nous ne croyons pas en une Puissance plus élevée, nous ne pouvons pas aller au-delà de notre capacité. C’est comme un jeu de tir à la corde. Pour deux individus seuls qui s’affrontent, cela peut être difficile lorsqu’ils ont la même force. Mais si d’autres personnes viennent à leur secours et commencent à tirer ensemble, chaque équipe aura plus de capacité. De la même façon, lorsque je prie et médite, j’ai le sentiment que quelqu’un d’autre m’aide, alors qu’un homme ordinaire pense qu’il ne peut compter que sur lui-même. Lorsqu’il se trouve sous le poids, il pense qu’il soulève tout par lui-même. Il s’est entraîné pendant des années, a développé sa force et maintenant, il pense que tout dépend de sa force physique. Mais dans mon cas, je me sens simplement comme un instrument. Il y a une autre puissance qui vient m’aider. Je l’appelle la Grâce de Dieu.

N’abandonnez jamais !

Chaque jour, je travaille pour atteindre mon but. De la même façon, dans la vie spirituelle, vous devez être très régulier pour faire des progrès. Combien régulièrement j’essaye de soulever des poids lourds, mais combien c’est difficile pour moi ! N’abandonnez pas ! Pour atteindre votre but, soyez régulier, soyez déterminé, soyez joyeux ! N’abandonnez pas, N’abandonnez pas ! Continuez, continuez ! Le but est devant vous. Si vous n’abandonnez pas, vous atteindrez sûrement votre but destiné.

Plus notre but est élevé, plus nous avons besoin de patience.

Durant l’été 1986, Sri Chinmoy rencontra une période difficile alors qu’il tentait de soulever 303 livres ( 137,44 kg ).

J’ai échoué 213 fois. J’ai échoué et échoué tant de fois. Mais maintenant, j’essaye de soulever 320 livres. Dieu seul sait combien de jours cela me prendra. Ce que j’ai fait hier était un record personnel. Mais je me défie tout le temps. C’est aussi ce que j’enseigne à mes élèves ; défiez vous toujours, ne défiez personne d’autre. C’est de la stupidité de notre part de vouloir rivaliser avec les autres. Si je pense que je suis le meilleur boxeur, je n’ai qu’à me retourner pour voir Muhammad Ali. Dans n’importe quel domaine, celui qui se proclame le meilleur, je vous le dis, est stupide, parce qu’en un rien de temps, quelqu’un débarquera de nulle part et le battra. Mais si on ne se défie que soi-même, on reste non seulement le champion présent, mais également le champion futur.

Aujourd’hui, j’ai soulevé 300 livres ( 136 kg ). Il n’y a pas de compétition ; il n’y a que du progrès, et c’est le progrès qu’on recherche. On ne peut dépendre du succès, parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui viendra tourner notre succès en quelque chose d’insignifiant. En vivant dans le monde du succès, on finit toujours par être condamné à la frustration. Mais en vivant dans le monde du progrès, on trouve toujours une joie immense. Cette joie ne provient pas seulement de la transcendance de ses capacités, mais de son effort. Si par exemple je me suis fixé comme but 300 livres et que je n’y arrive pas, le seul fait de m’être entraîné et entraîné avec dévotion me donne de la joie et la ténacité de la persévérance dont je fais preuve est en soi un progrès. Tout ce que nous faisons avec dévotion et ferveur nous aide à faire des progrès.

Nous devons donc toujours nous défier nous-mêmes dans tous les domaines. Si j’ai beaucoup de doutes, je prierai et méditerai pour minimiser et réduire mes doutes et ce sera là mon progrès. Si j’ai dix désirs —je veux une Cadillac, trois maisons, etc.—, je réduirai mes désirs à neuf, puis huit, et ainsi de suite jusqu’à un seul désir, voire aucun désir. C’est ainsi que l’on peut établir la paix dans son esprit. Si nous avons un tant soit peu de sagesse, nous essayerons de minimiser nos nécessités terrestres et d’augmenter nos nécessités célestes. Nous essayerons de devenir des êtres meilleurs grâce à notre vie de prière et de méditation en diminuant nos mauvaises qualités comme la jalousie, l’insécurité et l’impureté. Et par ailleurs, si nous avons une goutte de pureté ou une goutte d’amour, nous essayerons de les augmenter. Nous essayerons toujours d’augmenter les qualités et de réduire les défauts.

Pour cela, nous devons accepter le monde et vivre dans le monde. Ici sur terre, chacun d’entre nous doit devenir bon. Si nous pouvons devenir bons et laisser nos mauvaises qualités derrière nous, le monde entier fera des progrès en même temps que nous avancerons plus loin, plus profondément et plus haut. De cette manière, chacun pourra contribuer à faire de ce monde un monde meilleur.

Conseils pour les haltérophiles et les culturistes

Concentrez-vous avant de soulever

Les débutants ne devraient pas du tout méditer ; ils devraient uniquement se concentrer. Pour un débutant absolu, la méditation est un processus difficile. Un débutant doit commencer par apprendre la concentration. Lorsqu’il se concentre, sa concentration doit porter sur la partie la plus petite du poids qu’il tente de soulever. Si par exemple, je tente de soulever 200 livres, il y a 100 livres de part et d’autre de la barre. Lorsque je me concentre, je porte toute mon attention sur mon poignet ou sur ma main et j’essaye de ressentir tout le poids à cet endroit. Je ne pense pas aux poids de chaque côté de l’haltère. Tout doit être ressenti à l’endroit où je me concentre. Pendant que je me concentre, je dois avoir le sentiment que le poids est tout petit, même s’il est énorme.

Respirez profondément

Il vaut toujours mieux respirer profondément et non pas légèrement. Avant de soulever des poids vraiment importants, je prends trois inspirations très profondes. Le mieux, c’est de ressentir le souffle ou l’énergie vitale dans le cœur spirituel et dans le front. Pendant que vous vous concentrez, vous pouvez sentir la même énergie vitale dans votre poignet ou dans votre paume. C’est cette énergie vitale qui nous permet de soulever.

Méditation et Concentration dans la pratique du sport

extrait de « Sport et Méditation » de Sri Chinmoy

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Le silence de la méditation
Se trouve au cœur de l’action
Et le dynamisme de l’action
Se trouve au cœur de la méditation.

Qu’est-ce que la Méditation ?

La méditation signifie l’expansion consciente de soi. La méditation signifie la reconnaissance ou la découverte de sa propre réalité. C’est par la méditation que l’on transcende les limites, les faiblesses et les imperfections. La méditation est dynamisme sur les plans intérieurs de conscience. Si nous voulons accomplir quelque chose, que ce soit dans notre vie intérieure ou dans notre vie extérieure, l’aide de la méditation est capitale. Lorsque nous méditons, nous entrons en fait dans la partie la plus profonde de notre être. À ce moment-là, nous sommes capable de faire venir en avant les richesses enfouies en nous.

La méditation nous montre à la fois comment aspirer à quelque chose et comment réaliser cette chose. En pratiquant chaque jour la méditation, nous serons assurés de voir les problèmes de notre vie intérieure comme extérieure se résoudre. La méditation simplifie notre vie extérieure et donne de l’énergie à notre vie intérieure, la méditation nous offre une vie naturelle et spontanée.

Pendant la méditation, que faisons nous ?

Nous entrons dans un mental vide, calme, tranquille et silencieux. Nous entrons profondément en nous et nous abordons notre véritable existence, qui est notre âme. Lorsque nous vivons dans l’âme, nous réalisons que nous méditons en fait spontanément. À ce moment-là, nous voyons notre existence intérieure emplie de paix et de tranquillité.

Méditer, c’est aller au fond de l’océan, où tout est calme et tranquille. Une multitude de vagues a beau agiter la surface de l’océan, ses profondeurs n’en sont pas affectées pour autant. Elles demeurent dans le silence. Lorsqu’on médite, on essaie d’abord d’atteindre sa propre existence intérieure, sa véritable identité, ou si vous préférez, le fond de l’océan, de sorte que lorsque les vagues du monde extérieur déferlent, elles ne nous touchent plus. La peur, le doute, l’inquiétude et tous nos tourments quotidiens s’évanouissent d’eux-mêmes : une paix indestructible s’est désormais installée en nous. Les pensées ne peuvent plus nous toucher parce que notre esprit est complètement inondé de paix, de silence, de sentiment d’unité. Comme des poissons dans l’eau, nos pensées nagent et bondissent sans laisser de traces. Comme des oiseaux dans le ciel, elles volent sans laisser aucune trace derrière elles. Ainsi sommes-nous, dans notre méditation la plus élevée, semblables à l’océan dont les créatures qui l’habitent n’inquiètent pas la majesté. Nous sommes comme le ciel dont les oiseaux ne troublent pas la sérénité. Notre esprit est le ciel et notre cœur est l’océan infini. Voilà ce qu’est la méditation.

Lorsque nous méditons, nous nous jetons dans l’immensité, dans un océan infini de paix, ou bien nous accueillons l’immensité infinie en nous. La méditation s’étend. La méditation se développe constamment et devient paix, lumière et félicité.

Un effort conscient

La méditation ne signifie pas seulement s’asseoir tranquillement pendant cinq ou dix minutes. Elle demande un effort conscient. Il faut calmer et apaiser le mental tout en le maintenant vigilant pour ne laisser aucune pensée ou aucun désir le distraire. Une fois le silence établi dans notre mental, nous voyons une nouvelle réalité poindre en nous. Lorsque l’esprit est calme et disponible et que notre existence entière devient comme un réceptacle vide, l’être intérieur peut alors invoquer la Paix, la Lumière et la Béatitude infinies pour en être inondé.

La méditation signifie l’éveil conscient de notre source.

Lorsque nous méditons, nous essayons consciemment d’aller à la source qui est toute perfection. Notre source est Dieu, notre source est vérité, notre source est lumière. La méditation nous emmène à notre source, là où il n’y a plus aucune imperfection, plus aucune souffrance. Où se trouve cette source ? Elle est en nous. Celui qui est intérieurement éveillé a libre accès à la Vérité infinie et à la Joie durable ; il est capable de contrôler sa vie extérieure. Qu’est-ce qui nous donne l’éveil intérieur ? La méditation.

Chaque chercheur spirituel a un ami intime, un compagnon constant, un ami qui est toujours auprès de lui. Quel est ce meilleur ami ? Le Réel en lui. Le Réel en lui est le chercheur éternel qui aspire éternellement vers la Vérité, la Paix, la Lumière et la Béatitude infinies.

L’Évolution de l’âme

À travers la méditation, l’âme devient pleinement consciente de son évolution dans son voyage éternel. Avant de s’incarner, l’âme reçoit un message intérieur à propos de sa mission divine sur terre. Elle est pleinement consciente de sa mission. Mais au cours de notre vie, les agissements du mental physique peuvent parfois recouvrir l’inspiration divine de l’âme et ses motivations réelles. La mission de l’âme ne peut alors plus s’exprimer. Ce n’est que si nous aspirons avec notre mental, notre cœur et notre âme que nous pouvons connaître la raison de notre existence ici sur terre.

Lorsqu’on fait appel à la puissance de la volonté de l’âme, elle est comme une immense vague dans l’océan qui inonde aussitôt la conscience tout entière. Dès que la volonté de l’âme s’exprime, nous ressentons inévitablement que notre conscience intérieure est remplie d’énergie divine, de joie intérieure, de félicité intérieure, de puissance intérieure et de confiance intérieure. Tout élément négatif est balayé par la vague de la force de l’âme.

L’athlète doit sincèrement ressentir qu’il a une âme

et non pas se contenter de le penser uniquement parce que quelqu’un l’a affirmé. Beaucoup de gens n’ont même pas accès à leur cœur alors comment auraient-ils accès à leur âme ? C’est en pratiquant la méditation régulièrement et continuellement que l’on peut ressentir la présence de l’âme et finir par la voir. Mais même si nous ne voyons pas l’âme, si tout au moins nous pouvons ressentir sa présence dans les profondeurs de notre cœur, nous amènerons progressivement sa lumière dans le vital, dans le mental et dans le physique. Mais nous devons commencer par la conscience de l’existence de l’âme. Cela ne doit pas être une croyance mentale, mais une véritable expérience psychique.

La force positive et la paix de l’esprit

Lorsque nous méditons, nous essayons de devenir un canal parfait pour la force positive. La force positive est la lumière, et la force négative est l’obscurité. La force positive est l’amour et non la haine. La force positive est la croyance et non l’absence de croyance. À chaque instant de notre vie, la force positive nous aide parce qu’elle nous amène consciemment à notre destination, qui est la perfection.

Lorsque notre esprit est en paix et silencieux, lorsque notre vital est dynamique et que notre corps est conscient de ses actes, nous vivons dans le palais de la satisfaction, où ne peuvent exister ni maladie, ni souffrance, ni imperfection, ni obstacle à notre paix, à notre lumière et à notre satisfaction qui sont toutes durables. La méditation est un moyen ; c’est un chemin, c’est une voie. En marchant le long de cette voie, nous atteindrons notre destination qui est toute perfection.

Lorsque nous méditons, quel résultat obtenons-nous dans la vie extérieure ?

Nous rendons notre mental calme et silencieux. Il est pratiquement impossible pour la plupart des gens de calmer leur mental. Celui qui n’a pas l’esprit en paix est un véritable mendiant ; il est comme un singe dans un corps humain. Il n’est jamais content. Mais si nous pouvons garder notre esprit en paix, ne serait-ce qu’une seconde, nous avons alors l’impression d’avoir beaucoup accompli dans notre vie. Lorsque notre esprit est en paix, notre vital et notre corps se calment, et dès qu’il y a de la paix, toute disharmonie disparaît. Celle-ci n’existe que dans le monde de l’anxiété, de l’insatisfaction, de la tension et de la confusion. Sans tout cela, il n’y aurait aucune souffrance. Là où l’harmonie règne, les souffrances de l’homme s’arrêtent.

La méditation n’est pas une échappatoire. La méditation est l’acceptation de la vie dans sa totalité en vue de sa transformation.

La force concentration

Sans concentration, on ne peut réussir en sport. Ceux qui veulent entrer dans la méditation doivent commencer par maîtriser l’art de la force de concentration.

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Ueli Steck grimpant en free solo le  pilier « Excalibur » dans les Alpes suisses. (photo©Robert Boesch)

Cinq jours avant de battre son record d’escalade en solo de la face nord de l’Eiger, l’alpiniste suisse Ueli Steck expliqua dans un interview comment la concentration et l’attention sur l’instant présent étaient absolument indispensables dans l’escalade libre et l’escalade de vitesse.

« Je recherche toujours des buts qui sont des défis pour moi et qui prennent toute mon attention. Je me focalise vers mon but ; je ne me contente pas de grimper, ça n’est pas ma démarche. Ce que je veux, c’est atteindre le but. Ma concentration est également mon assurance-vie. Dans les moments critiques, je me concentre très fort sur ce qui est positif, jamais sur ce qui ne va pas. Il y a toujours une solution.

Le chemin vers mon but ne fait que monter, il ne descend jamais !

Tout là-haut, au sommet, là se trouve le but. Pour y arriver, je prends un chemin et ce qui compte, sur ce chemin, c’est uniquement l’instant présent. Les pensées qui précèdent sont des pensées qui ne servent à rien parce qu’elles ne sont pas nécessaires. Le futur arrive. Très souvent il dépend du présent. Plus nous sommes conscients de faire ce qu’il faut dans l’instant présent, plus le futur se présente bien.

Tout est une question d’instant présent !

Rien d’autre que l’instant. Dans cette concentration entière dans l’ici et maintenant, j’ai quelques fois fait l’expérience de me voir grimper, de voir mon corps comme un simple instrument.»

« Une fois, cela m’est arrivé en faisant l’ascension difficile de l’Excalibur dans les Alpes suisses en solo libre. C’était comme si je me regardais de l’extérieur. Je voyais mon corps grimper et je me suis dit : « Ouah, il monte bien ! » Ça c’est quand la concentration devient méditation ; c’est indescriptible. Il y a seulement l’instant présent et moi, qui inspire et expire.

Quand j’ai atteint le sommet, j’ai ressenti de la joie. Une joie extrême ! La joie de savoir que le ciel était bien plus grand et plus vaste qu’hier. »            Ueli Steck